LA VIANDE ET LE LAIT DES ANIMAUX TUBERCULEUX
cuisson préalable suffisante. Le problème, au point de vue pratique, se ramène principalement à la question du danger qui peu! résulter pour l'homme de l'usage de la viande et du lait provenant d'animaux tuberculeux : question vivement controversée et de la plus haute gravité au point de vue de l'hygiène alimentaire et de la police sanitaire.
Ghauveau déjà, dès ses premières recherches sur la transmission de la tuberculose par les voies digestives, avait conclu au danger, pour l'homme, de l'usage de viandes provenant d'animaux tuberculeux. Gerlach se prononça dans le môme sens et signala en même temps le danger du lait de provenance tuberculeuse. « Nous avons, dit-il, le droit et le devoir de conclure des expériences d'ingestion chez les animaux à ce qui se passe chez l'homme ; ces expériences nous font penser que la tuberculose humaine peut prendre sa source dans l'usage de viandes d'animaux atteints de cette redoutable maladie. »
Bouley, en vulgarisant dans ses chroniques du Recueil de médecine vétérinaire un certain nombre des expériences que nous venons de relater, appela chez nous l'attention des vétérinaires sur les mesures pratiques qui pouvaient en découler. Baillet, vétérinaire inspecteur des abattoirs de Bordeaux, adressait en 1873 un rapport au maire de cette ville, dans lequel il annonçait qu'il saisirait les viandes de tout animal tuberculeux, sans tenir compte d'aucune réclamation , quelle que fût son origine. Les protestations directes ou indirectes contre de pareilles meures ne se firent pas attendre, et elles trouvèrent un appui dans les expériences négatives produites devant l'Académie de médecine par Colin, qui, comme nous l'avons vu, concluait contre la réalité de l'infection tuberculeuse par les voies digestives. Raynal, directeur de l'école d'Alfort, déclara, le 3 "juin 1873, à l'Académie de médecine, que la consommation de viande provenant d'animaux phtisiques ne présentait aucun danger pour la santé publique ; enfin Bouley, partisan alors des mesures de conciliation, donna le conseil suivant à ses collègues vétérinaires : « Tant qu'il ne sera pas démontré que la viande des animaux phtisiques recèle en elle un principe virulent, les inspecteurs de boucherie devront en permettre l'usage toutes les fois que cette viande aura les apparences qui témoignent de sa bonne qualité. »