‹ La tuberculose et son bacilleChapitre 515 sur 689 · OU COMMENCE LE DANGER DE CES VIANDES · texte numérisé non relu

OU COMMENCE LE DANGER DE CES VIANDES

En Allemagne, à la suite surtout des expériences de Gerlach, on commença aussi, quoique timidement, à se préoccuper du danger des viandes et du lait de provenance tuberculeuse. Gerlach chercha à établir par quels indices on pouvait reconnaître que les viandes des animaux tuberculeux sont ou ne sont pas entachées de virulence. D'après lui la viande doit être regardée comme suspecte et rejetée de la consommation : « 1° quand les ganglions lymphatiques correspondant à l'organe atteint sont tuberculeux, indiquant ainsi la propagation de l'infection; 2° quand il existe des foyers déjà caséeux dans les poumons; plus ces foyers caséeux sont nombreux, plus la viande doit être tenue en suspicion; 3" quand les tubercules se sont généralisés dans le corps, et 4° quand l'animal est étique. » Mais les craintes de Gerlach furent considérées comme exagérées et ses exigences à l'égard de la viande de provenance tuberculeuse comme excessives. En 1875, le conseil des vétérinaires allemands émettait, à la majorité de 22 voix contre 6, l'opinion suivante : « Les expériences actuelles ne sont pas assez convaincantes pour faire admettre le danger d'infection de l'homme et, pour ce motif, il n'y a pas lieu de défendre l'usage et la vente de la viande et du lait des animaux atteints de pommelière'. » En 1876, une commission fut instituée, sur la demande du ministre de l'agriculture, auprès de l'école vétérinaire de Berlin, pour étudier expérimentalement la question. Virchow, rapporteur de cette commission, se prononça d'une façon évasive; son rapport se ressent trop de sa doctrine dualiste, à laquelle il n'avait pas renoncé, et de son ancienne opinion, d'après laquelle la pommelière et la tuberculose de l'homme seraient deux maladies différentes. Selon lui, la transmissibilité de la pommelière à l'homme ne serait pas établie, et les cas d'infection, provoqués par la voie intestinale chez les animaux, pourraient peut-être comporter une autre interprétation. La question, pensait-il, n'était pas suffisamment élucidée et de nouvelles expériences lui paraissaient nécessaires avant de se prononcer sur le danger des viandes et du lait d'origine tuberculeuse". 11 a déjà été question plus haut (p. 613) des conclusions

1. Citation cmpruntéo k-TonviK. Die Geschic/il.e der Twiej'cutose, Leipzig, 1883, p. S8.

2. ViRCHow, Ueberdic Pcrlsuclit (icr Hausthicre und deren Uebertragung durch die Nahrung [Berl. klin. Wochcmchr., 1880, n"» 14 et 15).

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