MESURES A PRENDRE
parties visiblement malades et si, comme cela a lieu le plus souvent aussi, on ne soumettait pas la viande à la cuisson. Il faut aussi considérer que la tuberculose des animaux de boueberie, la pommelière du bœuf notamment, demeure d'ordinaire plus ou moins localisée, si bien que l'ingestion des poumons, des ganglions malades, etc., seule, comporterait du danger. Toutefois, l'infection par la voie digestive est possible, ainsi que le prouvent les nombreux cas de tuberculose secondaire de l'inlestin cbez les phtisiques, qui doivent certainement être ramenés à une auto-infection parles cracbats avalés. Cependant ces ulcérations intestinales ne s'observent pas chez tous les phtisiques, quoique tous néanmoins doivent plus ou moins avaler leurs r chats virulents. Cela s'explique sans doute par ce fait que le tube digestif est un terrain plus défavorable encore que les voies respiratoires pour le développement, naturellement si lent, des bacilles de la tuberculose... Les mêmes considérations s'appliquent à l'infection par le lait de vaches tuberculeuses. Pour que cette infection soit possible, il faut que le lait renferme des bacilles; or c'est ce qui ne paraît se réaliser que quand les glandes mammaires elles-mêmes sont tuberculeuses; comme les nodules de pommelière ne se rencontrent que rarement sur les mamelles, le lait des vaches phtisiques doit souvent être privé de propriétés infectieuses. Ainsi s'expliquent les contradictions dans les résultats obtenus par ceux qui ont fait des expériences d'ingestion avec du lait de vaches tuberculeuses. Les uns pi'étendent avoir eu des résultats positifs qu'en effet on ne peut guère révoquer en doute; d'autres ne réussirent jamais à infecter les animaux, et ces résultats négatifs ne sauraient pas non plus être contestés. Les faits positifs ont été obtenus avec du lait contenant des bacilles, les autres avec du lait qui, quoique de provenance tuberculeuse, n'en contenait pas. D'une façon générale, quoique l'infection de l'homme par les animaux domestiques atteints de tuberculose ne paraisse pas être fréquente, il ne faudrait pas cependant envisager la question avec légèreté. La pommelière du bœuf, les altérations caséeuses des ganglions lymphatiques du porc sont si communes, que la question mérite toute attention'. »
1. KocH, Dio yEtiologic der Tubcrkulose [Mittheil. a. d. kais. Gesundheitsamte, Bd 2, 1884, p. 82).