‹ La tuberculose et son bacilleChapitre 519 sur 689 · INCONVÉNIENT DES MESURES TROP RIGOUREUSES · texte numérisé non relu

INCONVÉNIENT DES MESURES TROP RIGOUREUSES

d'un des problèmes les plus délicats et les plus controversés qui se puissent poser au vétérinaire et à l'hygiéniste.

Il y a quelques années, la ligne de conduite suivie par les inspecteurs de boucherie, dans les abattoirs, à l'égard des viandes provenant d'animaux tuberculeux, était extrêmement variable et tout à fait arbitraire; les uns autorisaient la livraison de ces viandes quand elles présentaient un bel aspect; les autres se prononçaient pour leur interdiction absolue, quelle que fût leur apparence. 11 en résultait un véritable désarroi et des protestations de la part des producteurs et des bouchers dans les localités où l'inspection se montrait particulièrement sévère; on avait peine à comprendre que la règle ne fût pas uniforme et que la viande, qui était réputée dangereuse dans telle ville, cessât d'avoir ce caractère ailleurs.

L'exemple suivant, cité par Lydtin, est particulièrement instructif et montre d'une manière saisissante à quelles difficultés on se heurte en pareille matière. « Lorsque, dit Lydtin, inspirés par les écrits de Gerlach, certains inspecteurs de viande du grand-duché de Bade, parmi lesquels le vétérinaire de district de Mannheim, cherchèrent à appliquer plus rigoureusement et plus consciencieusement les mesures prescrites par le règlement sur l'inspection des bêtes atteintes de pommeliôre, les bouchers et propriétaires de bétail ont réagi d'une telle façon que des conséquences très fâcheuses furent à craindre. Les producteurs de bétail déclarèrent qu'ils ne vendraient plus aux bouchers de Mannheim, ou au moins que ce ne serait que sous condition d'être affranchis de toute garantie. Les bouchers, de leur côté, ont prétendu que, devant seuls supporter toutes les mauvaises chances relatives à la salubrité de la viande, il ne leur était plus possible de fournir cette viande aux prix actuels. D'autres bouchers déclarèrent qu'ils ne feraient plus abattre dans l'abattoir de la ville, mais qu'ils introduiraient en ville, sous forme de viande abattue, ce qui était nécessaire à leur clientèle. En procédant ainsi, les bouchers comme les marchands de bestiaux rejetèrent toutes les charges sur le consommateur qui, sans tenir compte du fait qu'il allait être mieux garanti au point de vue de sa santé et consommer une viande meilleure qu'auparavant, ne ressentit d'autre effet de l'application plus rigoureuse des mesures de

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