‹ La tuberculose et son bacilleChapitre 520 sur 689 · LES DEMI-MESURES SOUVENT NÉCESSAIRES · texte numérisé non relu

LES DEMI-MESURES SOUVENT NÉCESSAIRES

police sanitaire que l'atteinte portée à sa bourse. Un tel état de choses ne pouvait se prolonger, et les mesures sévères auxquelles on avait eu un moment recours durent faire place à des mesures moins rigoureuses, telles que celles qui avaient été en usage antérieurement'. »

A la suite d'un contlit analogue, quoique moins vif, survenu entre l'administration municipale de Dijon et les bouchers de cette ville, où l'inspection des abattoirs se montrait très rigoureuse à l'endroit des viandes d'animaux tuberculeux, le Comité consultatif d'hygiène de France fut saisi de la question par le ministre. H. Bouley, chargé du rapport, conclut qu'il devait être interdit de livrer à la consommation les viandes , même de belle apparence, provenant d'animaux affectés de tuberculose : 1° lorsque la tuberculose est généralisée et qu'elle s'accuse par des lésions disséminées dans tous les organes : poumons, plèvres, foie, rate, péritoine, système ganglionnaire lymphatique, système musculaire; 2° lorsque les tubercules ont envahi une grande partie des poumons et des plèvres ; 3° lorsque les tubercules ont envahi, en grande quantité, le péritoine et le système ganglionnaire abdominal.

Bouley ne se dissimulait pas qu'au point de vue rigoureusement scientitique ce n'était là qu'une demi-mesure, et qu'il y avait quelque inconséquence à livrer à la consommation une viande plus ou moins suspecte. « Mais la nécessité, ajoute-t-il, impose souvent de pactiser avec les principes et de ne pas s'astreindre à en faire une application trop rigoureuse, pour éviter les résistances qui pourraient mettre obstacle à ce qu'il est possible de réaliser de bien à un moment donné". »

En Allemagne , on a recours à une pratique intei'médiaire entre la saisie totale et la tolérance complète et qui permet à l'inspecteur de se tirer d'embarras dans la plupart des cas : c'est l'usage du freihank, étal de basse-boucherie oii l'inspecteur envoie la viande suspecte, avec une étiquette indiquant la provenance, le motif de son meilleur marché et recommande à l'acheteur de bien faire cuire la viande.

Arloing s'élève avec raison contre cette pratique : « Je fais,

1. Lydtin (C.-R. du IV' Congrès internat, vétér. de Bruxelles, 1883, p. 288).

2. H. Bouley, La nature vivante de la contagion. Leçons du Muséum. Paris, 1884, p. 263.

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