‹ La tuberculose et son bacilleChapitre 52 sur 689 · VILLEMIN MULTIPLIE · texte numérisé non relu

VILLEMIN MULTIPLIE

chat. « La tuberculose, conclut Villemin, semble donc pouvoir atteindre les carnassiers, mais on la provoque avec une moindre facilité que chez les rongeurs, et l'on peut regarder le chien et le chat comme relativement réfractaires à cette affection. Cela explique la rareté, sinon l'absence de la phtisie spontanée chez ces animaux. »

Le mouton passait pour être très souvent phtisique, mais Villemin précisément venait de montrer que les prétendus tubercules du mouton sont des lésions vermineuses ou des dilatations bronchiques; jamais il ne put trouver d'altérations rappelant le tubercule de l'homme ou la pommelière vraie du bœuf. Pour résoudre la question, il eut encore recours à l'inoculation. Celle-ci pratiquée, il est vrai, par simples piqûres faites sous le ventre, sur plusieurs moutons et sur une chèvre, demeura sans résultat. « D'après ces expériences, il y a tout lieu de croire que le mouton est réfractaire à la tuberculose, à moins que des faits ultérieurs ne viennent infirmer ceux que nous venons de rapporter. »

Enfin l'inoculation des tubercules (de l'homme) à un coq et à un ramier ne lui donna aucun résultat.

L'absorption par les voies respiratoires peut-elle amener l'infection tuberculeuse? Tel est le problème que Villemin essaya aussi d'aborder expérimentalement. Dans ce but, il injecta un demi-centimètre cube d'eau tenant en suspension de la matière tuberculeuse, dans la trachée de deux lapins; la trachée avait été ouverte par une incision. L'un de ces lapins ne présenta rien de particulier, le deuxième présenta un certain nombre de granulations grises dans les poumons et un des ganglions profonds du cou était caséeux. Villemin reconnaît que cette expérience n'est pas à l'abri de toute critique, car le virus était ainsi introduit par une plaie qui pouvait elle-même être contaminée et dans ce cas on se retrouvait dans les conditions d'une inoculation ordinaire.

Le principe morbide de la tuberculose se reproduit au point d'inoculation : des lapins, inoculés avec de la matière caséeuse développée au lieu d'inoculation sur un lapin vivant, ont présenté, à l'autopsie, des lésions tuberculeuses. Ce fait est impor^ tant au point de vue de la pathologie générale; il montrait, une fois de plus, l'analogie de la tuberculose avec les maladies viru-

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