ET VARIE SES EXPÉRIENCES
lentes. « L'évolution du tubercule au point d'inoculation, le temps qui s'écouleentrelemoment de cette inoculation et l'éruption tuberculeuse dans les différents organes, la multiplication et l'intensité progressive du produit morbide nous font croire que le tubercule initial, développé au point d'insertion de la matière virulente, devient la source de la généralisation de l'affection, de même que, dans la syphilis, le chancre constitue une lésion locale d'abord et d'oii découle l'infection générale de l'organisme. »
L'éruption des granulations tuberculeuses dans les organes internes se fait en effet quelque temps après l'inoculation; on assiste à une véritable incubation de la maladie ; c'est du dixième au vingtième jour, d'après Villemin, que l'éruption tuberculeuse du poimion semble commencer chez le la})in ; dans les reins et la rate, les tubercules apparaissent déjà avant le vingt-huitième joui'-
Enfin, l'étude expérimentale de l'hérédité tuberculeuse a également préoccupé Villemin. a Les faits qui se rattachent à cette question, dit-il en terminant son mémoire, pourront facilement s'éclairer par l'expérimentation sur les animaux, dont les accouplements se font à notre gré. La tuberculose chez les lapins inoculés a eu pour eff'et habituel l'avortement ou la mort très prématurée des petits. La môme particularité s'est aussi présentée chez les cochons d'Inde. Cette mort devait être attribuée, selon nous, à l'insuffisance de la sécrétion lactée des mères et à leur négligence pour leur lignée... Aucun des petits n'avait de tubercules. Deux seulement ont vécu environ cinq mois, mais ils sont toujours restés chétifs... Ces deux lapins, descendants de parents phtisiques, n'ont présenté aucune trace de tuberculisation. »
Les expériences de Villemin, établissant que la tuberculose est une maladie virulente et inoculable, provoquèrent dès leur apparition une vive émotion dans le monde médical. Partout on se mit à l'œuvre pour les contrôler. Hérard et Cornil répé tèrent, les premiers, l'inoculation du tubercule au lapin. Ils inoculèrent à plusieurs lapins des granulations grises, demitransparentes ou opaques et jaunâtres, pi'ises sur le péritoine et les plèvres d'un phtisique; à d'autres lapins ils inoculèrent la