‹ La tuberculose et son bacilleChapitre 521 sur 689 · BOULEY D'ABORD PARTISAN DE LA SAISIE TOTALE · texte numérisé non relu

BOULEY D'ABORD PARTISAN DE LA SAISIE TOTALE

dit-il, au freibank les reproches les plus vifs. Si la viande ainsi débitée était toujours mangée par celui qui l'achète, on serait à peu près sûr qu'elle serait soumise à une cuisson suflispnte pour la rendre inofFensive ; mais comme elle peut être achetée par des restaurateurs qui ont intérêt à en cacher la provenance, elle sera servie sous toutes les formes à des gens sans défiance. Je trouve donc la mesure fort imparfaite ; elle ne peut profiter qu'au restaurateur, au détriment du consommateur'. »

En 1884, au Congrès international de médecine vétérinaire de Bruxelles, H. Bouley, alors entièrement dominé par les idées de Toussaint, considérant le sang et tous les tissus d'un animal tuberculeux comme constamment revêtus de virulence, déclara « qu'on ne doit pas reconnaître de degrés dans la tuberculose, pas plus que dans la morve, quand il s'agit de viande de boucherie; qu'il doit suffire, pour interdire la consommation d'une viande, que la certitude soit acquise de l'existence de la tuberculose sur l'animal dont cette viande provient ». Bouley fit triompher la doctrine de la saisie totale; le Congrès adopta la proposition suivante : « Il y a lieu d'éliminer de la consommation de l'homme les viandes provenant d'animaux tuberculeux, quel que soit le degré de la tuberculose, et quelles que soient les qualités apparentes de la viande ». Il est vi*ai que beaucoup d'assistants s'abstinrent de voter et que le vote ne fut acquis qu'à une voix de majorité. Lydtin avait émis une proposition moins radicale, permettant qu'une viande pût être livrée à la consommation à condition que la maladie soit encore à son début, que les lésions ne soient étendues qu'à une petite partie du corps, que les glandes lymphatiques se montrent encore exemptes de toutes lésions tuberculeuses, que les foyers n'aient pas encore subi de ramollissement, que la viande présente les caractères d'une viande de première qualité et que l'état général de la nutrition ne laisse rien à désirer.

Aucun pays ne mit en pratique la mesure absolue adoptée par le Congrès de Bruxelles, et Bouley lui-même fut pris de scrupule et reconnut plus tard ce qu'elle [avait d'excessif ^et d'injustifié. En 1885, au Congrès vétérinaire sanitaire de Paris,

]. Arloing, Leçons sur la tuberculose et certaines septicémies, Paris, 1892, p. 368. — Il est vrai que le règlement, ea Allemagne, interdit aux bouchers et aux restaurateurs de s'approvisionner de viande au freibanic, et on n'en délivre jamais au delà de 5 kilogr. au mémo acheteur.

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