‹ La tuberculose et son bacilleChapitre 522 sur 689 · VIRULENCE DE LA VIANDE DE VACHES TUBERCULEUSES · texte numérisé non relu

VIRULENCE DE LA VIANDE DE VACHES TUBERCULEUSES

Nocard se prononça pour la saisie partielle : quand la tuberculose est simplement localisée dans un organe, et que la viande est grasse et de bon aspect, il faut se contenter de saisir le viscère malade et autoriser la consommation de la chair de l'animal ; le Congrès vota la résolution suivante : « Il doit être interdit de livrer à la consommation les viandes, même de belle apparence, qui proviennent d'animaux tuberculeux, toutes les fois que les lésions tuberculeuses d'un viscère ou d'une séreuse ont de la tendance à se généraliser, c'est-à-dire ont franchi les ganglions afférents à ces organes. »

Au Congrès de Paris pour l'étude de la tuberculose, en 1888, la question du danger de l'usage des viandes provenant d'animaux tuberculeux fut à l'ordre du jour. Nocard communiqua le résultat de ses expériences sur la virulence de la viande de vaches tuberculeuses. Sur 21 de ces animaux atteints de tuberculose généralisée et dont la plupart avaient été l'objet d'une saisie totale à l'abattoir, il préleva, avec pureté, des fragments de muscles au centre du gros adducteur de la cuisse. Le suc de ces muscles fut exprimé à l'aide d'une presse à viande et inoculé, à la dose de 1 ce. dans le péritoine de cobayes; 1 seul cobaye, sur les 84 ainsi inoculés, contracta la tuberculose. Ces expériences montrent que le suc musculaire des bovidés tuberculeux peut être virulent, mais que cette virulence est tout à fait exceptionnelle. Les expériences de Villemin avaient déjà prouvé que, dans certains cas, le sang prélevé sur le cadavre d'un phtisique peut donner, par inoculation, la tuberculose aux animaux. Weichselbaum, Rûtimeyer, Meisel, Lustig, etc., ont réussi, par l'examen bactériologique, à mettre en évidence la présence du bacille de Koch dans le sang de sujets atteints de tuberculose miliaire généralisée aiguë. Il est probable que, dans ces mêmes conditions, la même constatation pourrait être faite sur les animaux de boucherie tuberculeux. Mais, môme dans ces cas où il y a eu irruption de matière virulente dans la circulation générale, la présence des bacilles dans le sang est excessivement rare; ils s'y rencontrent en si petit nombre que, pour les déceler, l'examen microscopique est le plus souvent insuffisant et qu'il faut recourir à l'inoculation. La virulence du sang contenu dans les muscles ne peut donc être que très exceptionnelle. Nocard a mis le fait en évidence expé-

EXPÉRIENCES DE NOCARD. —

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