‹ La tuberculose et son bacilleChapitre 523 sur 689 · L'INOCULATION · texte numérisé non relu

L'INOCULATION

rimentalement. Il injecta dans la veine auriculaire d'un lapin 1 ce. d'une culture très abondante de bacilles de la tuberculose dans du bouillon glycériné; déjà au bout de six heures, du sang puisé dans la veine jugulaire de ce lapin et ensemencé dans du bouillon glycériné ne donna aucun développement; ce même sang fut inoculé, à la dose de 1 ce, dans la veine de l'oreille d'un autre lapin : celui-ci demeura bien portant et, sacrifié au bout de trois mois, il ne présenta pas trace de tubercule. On voit donc que les bacilles de la tuberculose, injectés en quantité considérable dans la circulation générale, disparaissent dans le sang déjà au bout de quelques heures. Nocard montra par des expériences analogues que le suc extrait des muscles de lapins ayant reçu la môme injection intra-veineuse de bacilles tuberculeux ne possède plus de virulence tuberculeuse au bout de quatre à six jours environ. Ces faits expérimentaux tendent à démontrer que, même dans les cas de pénétration très abondante de bacilles de la tuberculose dans la circulation générale, le sang et le tissu musculaire se débarrassent très rapidement de ces bacilles.

Nocard explique la disparition si rapide de la virulence tuberculeuse des muscles, après l'injection intra-vasculaire de doses massives de cultures, par une action destructive spéciale que le tissu musculaire exercerait sur le bacille de Koch. Cette interprétation me semble discutable. Après ce que nous savons aujourd'hui sur la singulière résistance des bacilles tuberculeux morts, alors que mes recherches avec Gamaleia ont montré que ces bacilles, chauffés à 120° pendant dix à vingt heures à l'autoclave et injectés ensuite à l'animal, se retrouvent encore au bout de plusieurs mois parfaitement colorables dans les organes; après ces constatations, dis-je, il est bien difficile d'admettre que le tissu musculaire détiuise les bacilles vivants au bout de quelques jours seulement. Si les muscles, même dans ces cas d'inondation du sang par une injection intra-vasculaire de bacilles, se montrent en elfet si rapidement privés de virulence, cela tiendrait, selon moi, plutôt à une disposition particulière des capillaires intra-musculaires qui permettrait la circulation facile des bacilles et empêcherait leur arrêt mécanique dans le muscle. C'est de cette façon aussi, plutôt que par un pouvoir destructif spécial, que je serais tenté d'expliquer, d'une

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