‹ La tuberculose et son bacilleChapitre 524 sur 689 · PLUS DANGEREUSE QUE L'INGESTION · texte numérisé non relu

PLUS DANGEREUSE QUE L'INGESTION

façon générale, l'immunité si grande qui caractérise le tissu musculaire à l'égard de la tuberculose.

On sait, depuis les expériences de Viseur, combien les chats, surtout les jeunes chats, sont sensibles à l'infection tuberculeuse par les voies digestives. Nocard lit manger à quatre chats âgés de vingt-six jours, en trois jours, 2''" 500 de viande crue provenant d'un bœuf atteint de pommelière généralisée. Ces animaux demeurèrent bien portants ; sacrifiés au bout de six mois, aucun d'eux ne présentait de lésion tuberculeuse. Un cinquième chat de la même portée avait ingéré 150 grammes de tubercules de la plèvre, provenant du même bœuf : il mourut au bout d'un mois, avec de la tuberculose généralisée des viscères abdominaux. 7 autres jeunes chats ingérèrent en deux jours chacun de 1 à 2 kilogr. de viande provenant d'animaux tuberculeux; sacrifiés plusieurs mois après, aucun d'eux n'était tuberculeux. Nocard tirait de ces expériences la conclusion pratique suivante : « La viande des animaux tuberculeux peut, dans certains cas, offrir quelques dangers; mais c'est très exceptionnellement qu'elle est dangereuse, et dans ce cas elle l'est toujours à un très faible degré... L'usage alimentaire des viandes provenant d'animaux tuberculeux n'a qu'une très faible part à l'extension croissante de la tuberculose humaine. C'est ailleurs qu'il faut chercher la cause et la combattre* ».

Baillet, inspecteur sanitaire de l'abattoir de Bordeaux et dont la compétence spéciale en la matière est reconnue, appela, au Congrès pour la tuberculose de 1888, l'attention sur ce fait que la doctrine du danger des viandes provenant d'animaux tuberculeux repose surtout, non sur des expériences d'ingestion de ces viandes, mais sur des inoculations sous-cutanées ou intra-péritonéales. Or, tout le monde sait que ce second mode d'infection est incomparablement plus efficace^. Nocard insiste également sur ce point et rappelle le fait, mis en évidence par lui-même et par d'autres expérimentateurs, que telle viande dont le suc, inoculé à des cobayes ou à des lapins, a provoqué la tuberculose a pu être ingérée impunément, à très fortes

1. Nocard, Des dangers auxquels expose l'usage de la viande et du lait des animaux tuberculeux (Co)i,9'rès pour l'étude de la tuberculose, Paris, 1888, p. 49).

2. Baillet, Surveillance des abattoirs, etc. [Congrès pour l'étude de la tuberculose, 1888, p. 86).

Page 1