DIVERSES EXPÉRIENCES SUR LA VIRULENCE
doses et à diverses reprises, par des animaux très réceptifs. 11 pense, avec apparence de raison, que les expériences où l'ingestion de viandes tuberculeuses avait provoqué chez les animaux la tuberculose, ont sans doute donné un résultat positif par suite du peu de soin apporté au dispositif de ces expériences ; rien ne prouve que la viande avalée par les animaux n'ait pas été contaminée par la matière virulente des lésions tuberculeuses ellesmêmes (jetage, pus, mucosités bronchiques), déposées sur la viande par les mains ou le couteau du boucher. Depuis que les expériences d'ingestion de viandes d'origine tuberculeuse se font avec plus de précautions pour écarter ces causes d'erreur, les faits négatifs se multiplient de plus en plus'. Ainsi, aux résultats de cet ordre obtenus par Galtier on peut ajouter ceux qu'a publiés récemment Perroncito. Ses expériences ont été faites dans de grandes proportions : il a injecté à plus de 200 cobayes et à autant de lapins, sous la peau ou dans le péritoine, du jus de viande de provenance tuberculeuse exprimé par la presse à viande. Aucun de ces animaux n'est devenu tuberculeux. 2 bovidés reçurent de ce même suc en injection sous-cutanée : sacrifiés six mois plus tard, ils étaient absolument sains; 4 porcelets de six mois furent nourris pendant quatre mois avec de la viande de bœufs et de vaches atteints de tuberculose généralisée, lous sans résultat. Il en fut de môme de 12 autres porcelets âgés de deux mois et nourris de la même façon pendant cinq mois-.
Kastner afait, sous la direction de BoUinger, des expériences d'inoculation avec du suc de viandes provenant de vaches tuberculeuses : toutes les précautions étaient prises pour que la viande ne pùt être souillée, pendant les manipulations, par des produits émanant des lésions tuberculeuses. Un kilogramme de viande fournissait environ 50 ce. de suc. On inoculait 1 ce. de ce suc dans le péritoine de cobayes : 16 cobayes reçurent ainsi du suc musculaire provenant de 12 bovidés d'âge différent, dont plusieurs étaient atteints de tuberculose très avancée et dont la viande avait été interdite à la consommation : aucun des animaux inoculés ne présenta de lésions tuberculeuses.
1. NocARD, Art. Tuberculose {Diction, pratique de médecine véte'r., 1892, t. 21, p. 413).
2. Perroncito, Ueber die Ver.werthung des Fleischcs von tuborculosen Schlachlvieh [Centralbl. fur BakterioL, 1892, Bd. H, p. 429).