EXPÉRIENCES DE CONTROLE
matière jaune caséeusequ'Hérard considérait comme un produit typique de « pneumonie caséeuse ». Les lapins inoculés avec les tubercules présentèrent des lésions tuberculeuses généralisées que l'examen microscopique révéla être identiques aux tubercules humains; les lapins inoculés avec les produits de la pneumonie caséeuse demeurèrent sains. Hérard et Gornil en concluent que leurs expériences « confirment pleinement les résultats obtenus par M. Villemin » ; ils pensent en outre qu'elles « peuvent servir à établir nettement une difTérence capitale entre la granulation grise, lésion spécifique de la tuberculose, et les produits inflammatoires caséeux des poumons' ».
Dans la môme séance de l'Académie où Villemin communiquait son deuxième mémoire, Lebert (de Breslaii) fit connaître les résultats de ses recherches sur l'inoculabilité du tubercule. Ses expériences ont porté sur trois cobayes et deux lapins. Il relate longuement l'observation et l'autopsie des phtisiques ayant fourni la matière tuberculeuse, empruntée à des granulations grises ou jaunes, à du pus de caverne tuberculeuse et une fois à une glande mésentérique tuméfiée, prise sur un enfant mort de méningite tuberculeuse. Au lieu de pratiquer l'inoculation à l'aide du bistouri, comme le faisait Villemin, il injecta sous la peau de la nuque, à l'aide d'une seringue, la matière tuberculeuse triturée .et délayée dans l'eau. A la suite de ces injections, les animaux présentèrent des tubercules dans les poumons, le foie, la rate, sur les plèvres, sur l'épicarde et dans les ganglions. L'examen microscopique coniirma l'identité de ces tubercules d'expérimentation avec ceux de l'homme. Les conclusions de ce travail diff'us sont hésitantes et quelque peu contradictoires. Lebert admet que « la transmissibilité des tubercules par contact et absorption est un fait réellement considérable et qu'il ne s'agit pas là d'un simple travail phlegmasique propagé, mais d'un élément spécial et propre à la tuberculose, comme il en existe pour la variole, la syphilis et la morve » ; cependant il ne pense pas que la contagiosité de la phtisie soit établie par ces expériences et il rcconimande, en
1. IIÉiiARD, De l'inocuhibilil.c du tiilicrculc (Soc. méd. des hop., 1866, p. 39). — Dè.s 1867, Hérard, dans la discussion ouverte à l'Académie sur la tul)erculose, revenant sur sa première opinion, annonçait que ses recherches ultérieures avec Cornil n'avaient pas confirmé cette distinction entre la granulation tubcrcideuse et la pneumonie caséeuse.