‹ La tuberculose et son bacilleChapitre 530 sur 689 · ARLOING HOSTILE AUX MESURES DE TOLÉRANCE · texte numérisé non relu

ARLOING HOSTILE AUX MESURES DE TOLÉRANCE

divers congrès scientifiques et dans son enseignement la campagne pour la saisie totale. Il formule un certain nombre de reproches, très justifiés du reste, sur la façon dont les règlements actuellement en vigueur sont souvent appliqués; il signale les caprices dételle ou telle municipalité, la tolérance plus ou moins grande des inspecteurs de boucherie, qui souvent sont obligés de faire la part des plaintes des éleveurs et des bouchers et même des consommateurs menacés d'une élévation du prix de la viande. La latitude nécessairement laissée aux inspecteurs ouvre la porte à des divergences d'appréciation parfois flagrantes : on oppose les rigueurs du service sanitaire de telle ville, de Lyon par exemple, à l'indulgence dont on use dans d'autres grandes villes : de là un certain désarroi dans le commerce et des sources de réclamations. Enfin, et par-dessus tout, il y a le danger inhérent à l'usage des viandes de provenance tuberculeuse. « Pour plus de logique et de simplicité, conclut le savant professeur de Lyon, nous demandons que l'on adopte partout le principe de la saisie totale, dans tous les cas indistinctement'. »

Une telle mesure appliquée à la totalité de la viande des animaux atteints, à vm degré quelconque, de tuberculose amènerait la saisie et la destruction de quantités énormes de viandes. Arloing estime à 5 à 6 p. 1000 le nombre des bovidés tuberculeux en France; il en conclut que la perte annuelle ainsi éprouvée par les propriétaires des animaux n'atteindrait pas 2 millions de francs. Mais la proportion admise par Arloing est beaucoup trop faible: Thomassen (d'Utrecht) rappelait à ce propos, qu'en 18110, à l'abattoir d'Amsterdam, sur 22913 bêtes abattues, 755 furent trouvées tuberculeuses, soit 33 p. 1000; nous savons que dans certaines contrées d'Allemagne et dans

pratiquant des entailles. Les viandes ainsi dénaturées seront enfouies ou dirigées sur un enclos d'équarrissage. Dans ce dernier cas, la précaution de dénaturer les viandes ne doit pas être omise, car beaucoup de viandes suspectes, rejetées de la consommation, prennent le chemin du clos d'équarrissage et, au lieu d'être détruites d'une manière efficace, servent à l'alimentation des porcs, dont l'élève se fait aujourd'hui sur une grande échelle dans ces enclos. Aussi constatet-on assez souvent, d'après Siegen, la tuberculose sur les porcs élevés dans ces conditions.

L'utilisation des peaux dos animaux tuberculeux, quelle que soit la destination donnée à leur chair, doit toujours être permise. Mais ces peaux devront préalablement être désinfectées par l'immersion, pendant un jour ou deux, dans une solution d'acide phénique à 5 p. 100 ou de sublimé à 1 p. 1000.

1 . Arloing, Leçons sur la tuberculose et certaines septicémies. Paris, 1892, p. 378.

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