MIEUX VAUT RESTREINDRE LA PROPAGATION
des animaux : la médecine sanitaire a donc entre les mains une arme légale pour restreindre la propagation de la tuberculose parmi l'espèce bovine. Les dispositions générales de la loi sanitaire sont applicables aux animaux tuberculeux. Les malades et les suspects doivent être déclarés, isolés et séquestrés; ils seront soumis a la visite du vétérinaire sanitaire, qui s'assurera que l'isolement est pratiqué convenablement et qui donnera les indications utiles pour éviter toute contagion aux animaux et aux personnes. Il ne peut prescrire l'abatage des animaux reconnus tuberculeux, mais il lui est presque toujours aisé d'amener les propriétaires à s'y prêter. L'abatage précoce des animaux atteints ou suspects a surtout pour objet de supprimer, aussitôt que possible, une source d'infection pour les animaux aussi bien que pour l'homme. La viande des animaux pourra être utilisée pour la consommation si elle remplit les conditions qui ont été exposées plus haut. Enfin, on procédera, sur les indications du vétérinaire sanitaire, à la désinfection efficace des étaldes, des mangeoires, etc., l'on surveillera les animaux ayant vécu en contact avec le malade et qui, par le fait d'une cohabitation prolongée, pourraient être contaminés. En empêchant ainsi, parla mise à mort des sujets malades, dès le début de l'affection, la propagation du mal par reproduction et par allaitement, et la contamination des animaux voisins par le jetage et les sécrétions morbides, on arriverait sûrement à diminuer les progrès, sans cesse croissants, de cette redoutable affection. C'est dans cette direction, je le répète, plutôt que dans des règlements excessifs restreignant l'utilisation des viandes de provenance tuberculeuse, que doivent être orientés les efforts des pouvoirs publics, des hygiénistes et aussi des producteurs soucieux de leur intérêt.
L'application à l'espèce bovine de ces mesures restrictives et préventives de la tuberculose, mesures dont les bons effets ne se feraient pas attendre, demanderait un service sanitaire vétérinaire fonctionnant avec régularité dans toute la France. Les lois et les règlements existent, mais leur application laisse trop souvent à désirer, faute d'un personnel suffisant. La plupart des villes sont prémunies contre le danger qui peut résulter de la consommation des viandes tuberculeuses, grâce à leur service d'inspection; mais dans les campagnes le trafic de la viande s'exerce sans aucun contrôle. « On a remarqué que les traliqueurs