RAPPORT DE COLIN
face de la doctrine nouvelle, « une appréciation aussi sobre que sévère » *.
L'Académie de médecine avait désigné une commission composée de Louis, Grisolle, H. Bouley et Colin, chargée d'examiner le travail de Villerain. Colin fut nommé rapporteur et, dans la séance du IG juillet 1867, il lut à l'Académie le résumé des travaux de la commission dont la partie expérimentale lui appartient tout entière ^
Ce travail de contrôle comportait 22 expériences, portant sur le lapin, le cochon d'Inde, le chien, l'agneau et la ]>rebis.
Les premières expériences de Colin furent faites avec des tubercules « transparents et gris, fermes et ramollis », provenant d'un phtisique et qui lui furent envoyés par Villemin lui-même. Ces tubercules, réduits en pulpe homogène sur une lame de verre, furent insérés, à la dose de deux gouttes, dans un godet sous-cutané pratiqué à la base de l'oreille chez quatre lapins. La petite poche fut ensuite fermée à l'aide d'une épingle dorée, entourée d'une anse de hl, pour empêcher la matière insérée de s'échapper. Un seul de ces lapins devint tuberculeux. Dans des expériences ultérieures. Colin, au lieu de pratiquer un simple godet pour l'insertion de la matière tuberculeuse, creusa à l'aide d'une baguette de verre « une sorte de galerie de plusieurs centimètres de long, qui étalait cette matière sur une plus grande surface absorbante. A compter de ce moment, les succès de l'inoculation devinrent plus constants, cependant moins qu'entre les mains de M. Villemin. »
Colin se demanda alors quelles étaient les formes de tubercules qui possédaient le pouvoir infectant, point qui n'avait pas encore été abordé par Villemin. « Cette sorte d'analyse expérimentale, dit-il, me parut de nature à contrôler certaines idées modernes sur l'histologie du tubercule. S'il était vrai, en effet, que les produits développés dans les vésicules pulmonaires, sous l'influence de l'inflammation, n'eussent du tubercule que l'apparence; s'il était vrai que les masses caséeuses, prises jusqu'ici pour des tubercules purs parvenus à un certain état, ne
1. Lebert, Quelques expériences sur la transmission par inoculation des tubercules [Bulletin de l'Acad. de méd., 1867, t. 32, p. 119).
2. G. Colin, Rapport sur deux communications de M. Villemin, ayant pour titre : Cause et nature de la tuberculose [Ibid., p. 897).