LA DILUTION DIMINUE LA VIRULENCE DU LAIT
4 résultats positifs, 1 négatif; 6 autres vaches étaient atteintes de tuberculose modérément accusée ; leur lait donna 4 résultats positifs, 2 négatifs. Enfin 9 animaux étaient atteints simplement de tuberculose localisée ; l'inoculation de leur lait n'a plus donné que 3 résultats positifs. La virulence du lait éprouvée par l'inoculation au cobaye est donc d'autant plus certaine que la maladie est plus accusée'.
Gebhardt fit, également sous la direction .de BoUinger, des recherches expérimentales sur la virulence du lait de diverses provenances. Il fit acheter, dans les différents quartiers de Munich, le lait tel qu'il est vendu par les marchands et qui est, comme l'on sait, un mélange provenant de la traite de plusieurs vaches; 2 ce. de ce lait furent injectés, dans dix expériences faites avec des échantillons dilférents, dans la cavité péritonéale de cobayes : aucun de ces animaux ne devint tuberculeux. D'autre part, du lait retiré, avec toutes les précautions requises, de mamelles paraissant saines de vaches tuberculeuses sacrifiées à l'abattoir, inoculées de la même façon et à la même dose au cobaye, donna des résultats positifs. Toutefois, en délayant ce lait infectieux avec 300, 50 ou 40 fois son volume d'eau, l'inoculation faite dans les mêmes conditions se montra sans effets. Gebhardt en conclut qu'un certain degré de dilution fait perdre au lait, comme du reste à d'autres produits tuberculeux, la virulence tuberculeuse ; c'est à cela que l'on devrait attribuer l 'innocuité constante observée pour le lait acheté sur le marché de Munich : s'il y entre du lait tuberculeux, celui-ci est toujours mélangé en forte proportion avec du lait de vaches saines. Là où le danger d'infection serait le plus grand, c'est le cas oii un individu se nourrirait du lait provenant d'une seule vache, cette vache étant tuberculeuse".
Les expériences d'inoculation de lait dilué, telles que les a pratiquées Gebhardt, sont loin d'entraîner les conclusions qu'il en a tirées. 11 inoculait seulement 2 ce. du mélange et à quelques cobayes seulement. Etant donné le petit nombre de bacilles présents dans le lait tuberculeux, les deux centimètres prélevés
1. HiRSCHBERGER, ]î xperimentelle Beitràge zur Infectiositât der Milch tuberculôser Kuhc (Deutsches Arch. f. /clin. Med., 1889, Bd 44, p. 500).
2. Gebhardt, Experini. Untersuchungen iiber den Einfluss der Verdiinnung aui die Wirksamkeit des tuberculosen Giftcs {Virchow's Arch. 1890, Bd. 119, p. 127).