‹ La tuberculose et son bacilleChapitre 541 sur 689 · TUBERCULES MAMMAIRES SOUVENT MÉCONNUS · texte numérisé non relu

TUBERCULES MAMMAIRES SOUVENT MÉCONNUS

dans le mélange avaient de grandes chances de n'en pas contenir. Pour affirmer l'innocuité de ce mélange, il aurait fallu faire des inoculations à un bien plus grand nombre d'animaux : peut-être alors des résultats positifs auraient-ils été ainsi obtenus. Nous aurons du reste à revenir sur ce point quand il sera question de l'influence exercée sur les effets de l'inoculation par le nombre des bacilles inoculés.

Gaffky a récemment signalé la possibilité de l'infection du lait, chez des vaches tuberculeuses, en l'absence de toute lésion de la mamelle, par le fait des déjections bacillifères qui coulent le long du pis de la vache; les matières fécales, même quand il n'y a pas de diarrhée, chez les vaches phtisiques, contiens nent fréquemment des bacilles, et la contamination des trayons et par suite du lait peut ainsi s'effectuer aisément'.

En somme, le lait provenant de vaches phtisiques est presque sûrement infectieux quand il y a tuberculose mammaire. Quand celle-ci fait défaut, le lait est généralement inoffensif, même si la tuberculose est avancée et généralisée. Toutefois il existe un certain nombre de cas oii le lait s'est montré virulent, la mamelle paraissant saine ; peut-être ne l'était-elle pas en réalité dans ces cas; comme le fait remarquer Nocai'd, il est possible que « dans les cas oii la mamelle suspecte n'a pas paru tuberculeuse, c'est que la lésion n'a pas été suffisamment bien cherchée; sans compter les cas oii les follicules tuberculeux sont encore à l'état embryonnaire et ne sont pas visibles à l'œil nu, on conçoit sans peine la difficulté de la recherche de tubercules miliaires au milieu des acini glandulaires, quand ces tubercules n'ont pas encore subi l'infiltration calcaire ».

Rappelons aussi que pour mettre en évidence l'infectiosité tuberculeuse du lait on a eu recours, dans l'immense majorité des cas, à l'inoculation sous-cutanée ou intra-péritonéale, infiniment plus dangereuse que l'ingestion dans les voies digestives. Sans nier le danger qui peut découler de l'usage du lait tuberculeux, il ne faut pas non plus se l'exagérer, surtout quand il ne s'agit pas de personnes qui en fassent leur nourriture exclusive ou principale, comme les enfants en bas-àge ou certains malades. De toute façon il est bien aisé de se mettre à l'abri du

1 . Gaffky, Erkrankungen an infectiôser Enteritis infolgc des Genusses ungekochter Milch {Deutsche med. Wochensc.hr., 1892, p. 297).

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