‹ La tuberculose et son bacilleChapitre 548 sur 689 · CARREAU OU PHTISIE MÉSENTÉRIQUE DES ENFANTS · texte numérisé non relu

CARREAU OU PHTISIE MÉSENTÉRIQUE DES ENFANTS

sique réalise alors, dans une certaine mesure, les conditions expérimentales dans lesquelles Chauveau, Gerlach, etc., plaçaient les animaux auxquels ils faisaient ingérer des masses tuberculeuses. La tuberculose abdominale primitive est beaucoup plus fréquente chez les enfants en bas âge, où elle se manifeste par des engorgements caséeux des ganglions mésentériques (carreau) avec ou sans lésions concomitantes de la muqueuse de l'intestin'. Dans ces cas, la porte d'entrée du virus semble bien avoir été la muqueuse digestive et nous avons vu que l'intégrité de cette muqueuse n'exclut pas la pénération, à travers l'épithélium en apparence intact, des bacilles de Koch. On suppose que bon nombre de ces cas de carreau ou de phtisie mésaraïque observés chez les jeunes enfants résultent d'une infection ainsi effectuée par la voie intestinale à la suite l'usage de lait de provenance tuberculeuse ; de même que, pour un certain nombre de médecins, l'engorgement scrofuleux des glandes sous-maxillaires, si fréquent également chez les jeunes enfants, résulterait de l'absorption du bacille par la muqueuse bucco-pharyngée, en l'absence de toute lésion tuberculeuse de cette muqueuse. Cette explication, déjà émise par Gohnheim, est assurément séduisante par sa simplicité, quoique les faits en question comportent peut-être d'autres interprétations.

Quoi qu'il en soit, il existe dans la science un certain nombre d'obsei'vations qui semblent bien établir le rôle probable de l'usage de lait de provenance tuberculeuse dans la détermination de la maladie chez l'enfant. On cite toujours à ce propos l'observation du docteur Stang, d'Amorbach, relatée par Johne. « Il s'agit d'un garçon âgé de cinq ans, bien constitué en ap-

1. D'après BiEDERT, dont les documents sont empruntés à divers auteurs s'occu pant de médecine infantile, la tuberculose primitive des ganglions mésenténques, chez les enfants, serait beaucoup moins fréquente qu'on ne le pense communément et que ne l'est la tuberculose des ganglions bronchiques (dans la proportion de 13 à 82). De même, dans la méningite tuberculeuse des enfants, les foyers primitifs, caséeux, points de départ probables de la dissémination méningée, siégeraient bien plus souvent dans les ganglions bronchiques que dans ceux du mésentère. D'après les chiffres de Biedert. « l'infection par inhalation du virus, se traduisant par la tuberculose des ganglions bronchiques, l'emporte sur l'infection par la voie digestive, dans la proportion de 78 à 4. » La prépondérance de la tuberculose par inhalation sur la tuberculose par ingestion, de notion banale pour l'adulte, se retrouverait donc aussi pour l'enfant

1. Biedert, Die Tuberculose des Darms und des lymphatischen Apparats {Jahrb. fiir Kinderheilkunde, 1884, Bd 21, p. 163).

Page 1