COLIN ME L'EXISTENCE
fussent pas des produits tuberculeux, mais les résultats d'un travail régressif, d'une métamorphose graisseuse commune à une foule d'éléments qui cessent de vivre; si enfin les dépôts crétacés n'étaient que des reliquats tuberculeux, des masses salines dépouillées de leurs éléments tuberculeux par le fait de la résorption; si, en un mot, tous ces produits, encore confondus sous une appellation commune, n'étaient plus identiques, devraient-ils se comporter de la môme manière par l'inoculation? »
Des expériences furent donc faites avec des granulations grises récentes, des granulations jaunes, des masses caséeuses et enfin des tubercules calcaires pris sur la vache, qui furent inoculés à deux lapins et à deux agneaux. Les granulations miliaires grises et les masses caséeuses se montrèrent également actives et transmirent la tuberculose. Le tubercule envoie de transformation crétacée donna également des résultats positifs; la matière tout à fait crétacée, seule, rassemblée sous forme de calculs très durs, se montra inapte à reproduire le tubercule. Colin en conclut justement à l'identité de ces diverses lésions, « à l'encontrc des idées de Virchow et de ses nombreux partisans qui ne voudraient plus voir de tubercules en dehors de la granulation grise ». « Pour mon compte, ajoute-t-il, j'incline du côté de l'expérimentation, au risque d'encourir les anathèmes des micrographes. »
Colin eut l'idée d'inoculer à un jeune bélier des tranches d'une tumeur pleine de strongles vivants, prise sur une brebis morte de phtisie vermineuse. Tué au bout d'un mois et demi, ce bélier aiu'ait présenté « des granulations tuberculeuses », autour de la plaie du flanc, dans le ganglion précrural, dans les ganglions profonds et dans le poumon. Nous assistons là à un premier exemple, qui devait si fréquemment se renouveler depuis, de la confusion de fausses tuberculoses expérimentales avec la tuberculose vraie.
Colin aborde finalement la question doctrinale; comment interpréter ce fait indéniable ({ucle tubercule, déposé sous la peau, se généralise et provoque des éruptions dans les différents organes ? « M. Villemin, dit-il assez dédaigneusement, s'est jeté dans l'arène des rapprochements, des vagues analogies; son esprit un peu systématique semble ne l'avoir dirigé que vers les expériences propres à confirmer ses vues ou à étayer ses sup-