‹ La tuberculose et son bacilleChapitre 558 sur 689 · CRACHATS TUBERCULEUX · texte numérisé non relu

CRACHATS TUBERCULEUX

de l'aspiration que se produit, en quelque sorte, l'injection des ramifications de l'aibre bronchique par la matière bacillifère et la formation de foyers secondaires multiples dans les poumons. Quand le contenu d'une caverne est ainsi aspiré en quantité notable, des parties étendues du poumon subissent une sorte d'inondation de matière infectieuse; la disposition lobulaire ou même lobaire des foyers qui se développent alors montre bien que l'infection a eu lieu par les canaux bronchiques. Ces foyers secondaires se distinguent des foyers primitifs par la mortification aiguë et la formation rapide de cavernes . Les cavernes, au lieu de présenter une paroi épaisse, dure, riche en cellules géantes et assez pauvre en bacilles, sont, au contraire, creusées en plein tissu pulmonaire présentant sa structure alvéolaire encore apparente ; la matière caséeuse qui remplit les alvéoles est farcie de bacilles. C'est là proprement la pneumonie caséeuse.

Les caractères des crachats, chez les phtisiques, varient beaucoup selon le degré et l'âge de la lésion pulmonaire et selon les complications qui peuvent survenir. Au début de la phtisie, les crachats sont clairs, aérés, muqueux ou salivaires, peu abondants. 11 arrive même que les malades affirment ne pas cracher du tout et cependant, en y regardant de plus près, on s'assure que le matin, au réveil, ils expectorent un peu, et cette expectoration, insignifiante comme quantité, peut déjà contenir des bacilles. A la période confirmée de la maladie, les crachats deviennent plus abondants, verdàtres, opaques, privés d'air, mêlés parfois de stries jaunes ou de grains consistants, semblables à des grains de riz; ces grains sont des fragments de produits caséeux détachés des parois des cavernes. Les crachats sont arrondis, nummulaires, ou à bords irréguliers, échiquetés ; souvent ils nagent dans un liquide clair, spumeux. La quantité des crachats expulsés dans les vingt-quatre heures est très variable, en général de 100 à 200 ce. ; on voit des malades expectorer par jour jusqu'à 800 et môme 1000 ce. Vers la dernière période, quand les crachats séjournent longtemps dans les cavernes, ils sont évacués sous la forme d'une purée purulente, homogène, quelquefois souillée de sang ou teintée en rose. Les crachats sont toujours plus ou rnoins mélangés de

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