‹ La tuberculose et son bacilleChapitre 559 sur 689 · TECHNIQUE DE LA COLORATION · texte numérisé non relu

TECHNIQUE DE LA COLORATION

salive. L'examen microscopique y révèle des éléments anatomiques divers. On y voit des cellules endothéliales aplaties résultant de la desquamation de la muqueuse de la bouche, de la langue et de l'arrière-gorge, plus rarement des cellules épithéliales cylindriques, avec cils vibratiles, provenant desfos ses nasales, de la face postérieure du voile du palais ou de la muqueuse bronchique ; on y trouve aussi des cellules épithéliales plus petites, arrondies, à noyau vésiculeux, provenant des bronchioles terminales ou des alvéoles, entin et surtout des globules de pus. Dans les phases avancées de la maladie, on y décèle la présence de fibres élastiques.

Aucun des caractères que nous venons de mentionner n'est pathognomonique de la tuberculose. Les crachats nummulaires ou échiquetés s'observent souvent dans la bronchite chronique ou dans la bronchectasie, avec le même aspect que dans la phtisie. Il y a longtemps que Chomel a fait la remarque que l'expectoration de la rougeole ressemble souvent à celle de la phtisie. Un seul élément est caractéristique des crachats tuberculeux : c'est le bacille de la tubei'culose.

Pour mettre en évidence la présence, dans les crachats, du bacille de Koch, on a recours à la coloration sur lamelle, pratiquée d'après le procédé indiqué plus haut (p. 147). 11 nous faut cependant ici donner quelques détails plus circonstanciés sur la façon la plus commode et la plus sûre de colorer les bacilles dans les crachats.

Les bacilles de la tuberculose ne sont pas uniformément répandus dans les produits de l'expectoration; ils sont surtout contenus dans les parties solides, opaques, consistantes, jaunâtres, flottant dans le liquide et provenant des cavernes; le liquide, qu'il s'agisse du mucus bronchique ou de la salive, peut en être totalement privé. Ce sont par conséquent ces particules solides qu'on doit de préférence utiliser pour la confection des lamelles. Il faut, à l'aide d'une aiguille à dissocier ou d'un lil de platine, aller à la recherche de ces particules solides, ce qui est quelquefois assez difficile, car elles s'échappent et glissent le long des parois du crachoir dans le liquide muqueux qui les baigne. L'opération est rendue plus facile en versant le contenu du crachoir dans un vase plat, dans une soucoupe ou une assiette, ou mieux encore dans un cristallisoir en verre que

« HOMOGÉNITATION »

l'on place sur un fond noir qui rond les parties opaques des crachats plus visibles.

La particule de crachat ainsi prélevée est déposée sur la lamelle à couvrir, sur laquelle il faut l'étendre en couche aussi mince et aussi uniforme que possible. Les inégalités de la couche sont gênantes, au moment de la décoloration, car les parties épaisses sont plus lentes à se décolorer que les parties plus minces, qui alors peuvent souffrir du séjour trop prolongé dans le liquide décolorant. Pour étaler le crachat à la surface de la lamelle on se sert d'une aiguille à dissocier, ou d'une plume à écrire dont un des becs a été enlevé, ou d'un fort fil de platine dont l'extrémité a été aplatie par un coup de marteau. D'autres préfèrent écraser la particule de crachats entre deux lamelles que l'on fait glisser l'une sur l'autre en appuyant les doigts jusqu'à ce qu'elles cessent d'être en contact. On peut aussi remployer le procédé de H. Kûhne qui dépose une particule de crachat sur la lamelle et dirige sur elle un jet d'air assez fort, à l'aide de la poire d'un pulvérisateur à main sur laquelle on a monté un tube de verre finement effilé à son extrémité : le courant d'air étale le crachat en même temps qu'il hâte la dessiccation de la préparation.

Nous avons dit qu'il faut savoir choisir, dans les crachats, les parties qui renferment le plus sûrement et le plus abondamment des bacilles. Pour éviter cette recherche, on a proposé des moyens destinés à répartir d'une façon uniforme les bacilles dans la masse totale des produits d'expectoration. C'est ce qu'on a appelé 1' « homogénisation des crachats ». H. Kûhne ajoute dans ce but aux crachats un volume égal d'une solution concentrée de borax; on agite pendant quelque temps dans un flacon bien bouché, jusqu'à ce qu'on obtienne un mélange homogène. Les crachats ainsi dilués sont moins visqueux et s'étalent plus facilement sur la lamelle. L'addition de borax permet de les conserver pendant longtemps sans qu'ils subissent de putréfaction et elle ne gêne pas la coloration ultérieure des bacilles \ Il est bon (Wendriner) de se servir, au lieu d'une simple solution de borax, d'une solution saturée de borax et d'acide borique.

\. H. KiiHNE, Die Untersuchung von Sputum auf Tuberkelbacillen [Centmlbl. f. Bakteriol., 1890, Bd 8, p. 293).

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