D'UN VIRUS TUBERCULEUX
positions. Partant de l'hypothèse que le tubercule possède un principe virulent, il admet que ce principe doit agir comme celui de la plupart des maladies contagieuses, c'est-à-dire qu'il doit, après un certain temps d'incubation, déterminer d'abord des accidents locaux, se reproduire sur place, et enfin provoquer consécutivement à ceux-ci des accidents généraux. » Le professeur d'Alfort ne partage pas cette manière de voir. Dans un certain nombre d'inoculations, il put s'assurer que la dissémination du tubercule s'elTectuait par la voie lymphatique, irradiant du foyer d'inoculation pour se propager dans le sens du cours de la lymphe. « Lorsque l'inoculation a été faite au liane, comme dans presque toutes nos expériences, le ganglion isolé de cette région, les précruraux, les sous-lombaires, les satellites de l'aorte et du canal thoracique, c'est-à-dire tous les ganglions placés sur la route des matières tuberculeuses et purulentes en ont été pénétrés; de plus, et ceci est très significatif, les ganglions en dehors de l'itinéraire suivi par ces produits morbides sont demeurés sains et tous ceux du côté opposé à l'inoculation ont conservé leur état normal... Une fois que la matière tuberculeuse s'est introduite dans le système lymphatique, elle n'a plus qu'à marcher vers le centre; or, elle le fait, à ce qu'il semble, avec lenteur, car elle détermine sur son chemin l'adénite, la lymphangite et elle laisse dans les ganglions des dépots considérables. Ce n'est qu'au bout de plusieurs semaines qu'elle arrive à destination pour produire ces résultats si graves que nous avons constatés. Elle se répartit alors, sous forme de petits amas, dans le poumon, le foie, les reins, les ganglions mésentériques. »
Pour Colin, l'hypothèse d'un virus pullulant d'abord sur place puis se généralisant dans l'économie n'est pas nécessaire. Il pense qu'il s'agit simplement de l'absorption et de la dissémination des particules solides contenues dans la matière tuberculeuse inoculée. Ces particules fines, absorbées par « les bouches béantes des réseaux capillaires et lymphatiques blessés », pénétreraient ainsi dans les voies lymphatiques d'abord, puis dans la voie sanguine et envahiraient ainsi les organes. Il va tellement loin dans cette explication purement mécanique, qu'il rapproche la dissémination expérimentale du tubercule de ce qu'on observe dans le tatouage. ou à la suite de l'insertion