‹ La tuberculose et son bacilleChapitre 563 sur 689 · KITASATO : CULTURES DIRECTES DU BACILLE · texte numérisé non relu

KITASATO : CULTURES DIRECTES DU BACILLE

cultures de bacilles tuberculeux provenant directement de l'homme, sans passage par l'animal, passage qui pourrait, à la rigueur, en modifier les propriétés. Kitasato a réussi à faire des cultures directement avec les crachats des phtisiques, d'après un procédé qui lui a été indiqué par Koch et qui avait déjà donné des résultats entre les mains de ce dernier. L'expectoration d'un phtisique, le matin au moment où il vide ses cavernes, est recueillie dans un flacon stérilisé (le mieux est de se servir de boites de Pétri). A l'aide d'instruments stérilisés, on y puise un flocon qui, d'après son aspect, provient des parties profondes du poumon, et on le fait passer successivement dans une série d'une dizaine de ces boites, contenant de l'eau distillée stérilisée; on lave ainsi la surface externe du crachat, de façon à le débarrasser des microbes étrangers qui ont pu s'y déposer pendant son passage dans la bouche. Cela fait, on dissocie, sous l'eau, le crachat, et l'on en prélève à son centre une parcelle. Celle-ci, examinée au microscope, renferme généralement les bacilles de la tuberculose à l'état de pureté. Dans ces cas, l'ensemencement sur séi'um ou sur gélose glycérinée a donné souvent à Kitasato une culture pure du bacille. L'aspect de ces cultures diffère un peu de celles que l'on obtient par l'ensemencement de tissu tuberculeux. Ainsi que dans ce dernier cas, les colonies commencent à apparaître au bout de deux semaines, mais elles sont formées de taches rondes, opaques, blanches, humides et brillantes, tandis que les colonies qui proviennent de parcelles d'organes sont sèches et mates au début. Plus tard, ces différences d'aspect s'effacent.

On peut obtenir de la même façon des cultures avec le contenu des cavernes closes recueilli sur le cadavre. Ce contenu peut pi^ésenter le bacille de Koch à l'état de pureté, mais le plus souvent on y trouve d'autres microbes, presque toujours une seule espèce, bacille ou coccus, qui se rencontre, à l'état de pureté, à côté du bacille de la tuberculose. Ce microbe étranger joue sans doute un certain rôle dans l'évolution de la phtisie. On le retrouve fréquemment, quand le sujet vient à mourir, répandu dans tout le poumon à l'état de culture pure. Dans un cas même (il s'agissait d'un bacille), il avait envahi la totalité des organes.

D'après Kitasato, la plupart des bacilles tuberculeux contenus dans les crachats ou dans la sécrétion des cavernes seraient

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