‹ La tuberculose et son bacilleChapitre 564 sur 689 · OBTENUES AVEC DES CRACHATS · texte numérisé non relu

OBTENUES AVEC DES CRACHATS

des bacilles morts. Si l'on sème de ces crachats, avec les précautions indiquées, en assez grande abondance sur la surface inclinée d'un tube de gélose glycérinée, on ne voit se développer des colonies que de place en place; le reste du produit ensemencé demeure stérile. Si l'on examine au microscope ces parties stériles . on y trouve des bacilles qui se colorent parfaitement et qui, à tous égards, ne se distinguent pas des bacilles vivants. Kitasato en conclut que la plupart des bacilles tuberculeux contenus dans les crachats sont des bacilles morts, ce que ni les caractères microscopiques ni la coloration ne permettraient de soupçonner'. Cette conclusion est peut-être excessive. De ce que des bacilles ensemencés sur un milieu de culture artificiel ne donnent pas de développement, il n'est pas permis d'en conclure qu'ils sont morts. J'ai déjà eu occasion de rappeler combien les premières cultures des bacilles tuberculeux sont difficiles à obtenir et qu'un certain acclimalement est nécessaire pour leur culture régulière sur milieux artificiels. Et cependant, là oii la culture échoue, l'inoculation aux animaux réussit constamment, ce qui est une preuve que les produits ensemencés sans succès contenaient pourtant des bacilles vivants et virulents. Kitasato, il est vrai, dit avoir, dans quelques cas, inoculé à des cobayes le contenu des cavernes qui avait été ensemencé sans succès et avoir vu l'inoculation demeurer sans effet. Des expériences analogues que j'ai faites en assez grand nombre m'ont donné des résultats opposés : j'ai ensemencé, à diverses reprises, sur du sérum ou sur des tubes de gélose glycérinée, avec toutes les précautions voulues, des produits tuberculeux divers, notamment du contenu de cavernes tuberculeuses de l'homme, sans obtenir de cultures; et cependant ces mêmes produits, inoculés aux cobayes, les rendaient tuberculeux. Ainsi que je l'ai déjà dit, nos procédés actuels de culture du bacille de la tuberculose sont encore trop imparfaits et leurs résultats trop aléatoires pour permettre de conclure, de leur insuccès, à la mort des bacilles ensemencés.

Cette étude serait incomplète si je n'entrais dans quelques

1. Kitasato, Gewinnung von Reinkulturen der Tuberkelbacillen und anderer pathogenen Bakterieii aus Sputum (Zeilschr. f. Hyy. und Ittfectionskrankh., 1892, Bd 11, p. 441).

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