‹ La tuberculose et son bacilleChapitre 566 sur 689 · DE LA PRÉSENCE DES BACILLES DANS LES CRACHATS · texte numérisé non relu

DE LA PRÉSENCE DES BACILLES DANS LES CRACHATS

qiicfois dans l'expectoration des phtisiques sont une purée presque pure de bacilles. Ce sont les mêmes amas bacillaires qui tapissent les parois des cavernes, qui se détachent en totalité et qui s'éliminent avec les sécrétions de la caverne.

Bientôt, du reste, les cliniciens, de toutes parts, s'attachèrent à pi'éciser la valeur diagnostique de la nouvelle découverte. Balmer et Frantzel, les premiers, instituèrent des recherches systématiques dans cette direction. Ils examinèrent, par le procédé d'Ehrlich, les crachats de 120 phtisiques, et dans tous les cas, sans exception, ils trouvèrent des bacilles de la tuberculose. Ceux-ci firent constamment défaut dans l'expectoration d'individus atteints d'affections pulmonaires autres que la tuberculose. Ces médecins pensèrent pouvoir tirer des indications pronostiques de la quantité des bacilles constatés dans les crachats. Lorsque les bacilles sont en très grande abondance, il s'agirait de cas graves et de phtisies à marche aiguë. La diminution du nombre des bacilles comporterait une signification pronostique favorable. Dans la phtisie à marche lente, les bacilles seraient petits, sans spores; dans les phtisies aiguës, ils seraient plus volumineux et munis de spores '. Dans un travail subséquent, Frcentzel, s'appuyant sur des recherches nouvelles faites sur 100 phtisiques, maintint, d'une façon générale, la signification pronostique tirée du nombre des bacilles, tout en reconnaissant que parfois ces données se trouvent en défaut. Il dit avoir constaté la présence de bacilles dans les crachats avant l'apparition de signes physiques appréciables. Enfin, il fait remarquer que l'absence momentanée de bacilles dans l'expectoration ne permet pas de conclure dans un sens favorable, le foyer caséeux pouvant pendant quelque temps cesser de communiquer avec les bronches. D'où la nécessité de ne pas se contenter d'un seul examen des crachats, mais de le répéter plusieurs jours de suite'.

Hiller eut occasion d'examiner les crachats de trois malades atteints d'hémoptysie initiale, survenue en pleine santé apparente, sans signes physiques d'aucune sorte. Dans deux cas, il constata la présence de bacilles, en petit nombre, mais qui se

1. Balmer et Fraentzel, Ueber das Verhalten der Tuberkelbacillen im Auswurf, etc. {Berl. klin. Wochenschr., 1882, p. 679).

2. Fraentzel, Wie weit kônnen wii" den Nachweiss von Tuberkelbacillen bis jetzt praktiscli verwcrthen? [Deutsche mililârârztl. Zeitschr., août 1883).

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