DISCUSSION ACADÉMIQUE
sous-cutanée ou intra-veinouse de poudres colorées insolubles. La porte était ainsi ouverte à l'assimilation erronée de la tuberculose expérimentale au transport mécanique de particules inertes, aux embolies capillaires et aux lésions métastatiques de toute nature.
En d'autres termes, pour Colin c'est simplement « la matière tuberculeuse importée au point d'inoculation qui est transportée au poumon et à d'autres organes et y fait surgir une éruption tuberculeuse. Les dix à vingt jours représentant, pour M. Villemin, la période d'incubation pendant laquelle, selon lui, se reproduirait sur place le virus tuberculeux, ne sont en réalité que le temps employé par la matière pour parcourir la filière des vaisseaux et des ganglions qui la séparent du poumon. »
Colin, cependant, est bien obligé de reconnaître que « la masse de tubercule développée dépasse celle qui a été inoculée, d'oii il suit que du tubercule de nouvelle formation s'est ajouté au tubercule venu du dehors ». Il se demande sous quelle influence a eu lieu cette multiplication. « La matière introduite, dit-il expressément, a-t-elle exercé l'action catalytique des ferments, ou a-t-elle simplement proliféré? Peu importe! »
Il importait si bien, que là était au contraire le vrai nœud du problème; Villemin l'avait bien compris et en cela réside justement l'originalité et la grandeur de sa découverte. Dès le début, il osa assimiler la tuberculose aux maladies rigoureusement virulentes, telles que la variole, la morve, la syphilis. Soustraire les faits de généralisation observés à la suite de l'inoculation des produits tuberculeux à la simple conception mécanique de l'embolie alors universellement régnante; y voir, au contraire, un processus virulent et spécifique : là était proprement le trait profond et original de la découverte de Villemin.
Tout en confirmant l'exactitude matérielle des faits annoncés par Villemin et en reconnaissant « qu'ils jettent sur la nature de la phtisie un jour nouveau », Colin, dans son rapport, se refusait donc à reconnaître la nature virulente de la maladie. Il confondait en outre la maladie expérimentale provoquée par l'inoculation du vrai tubercule avec les lésions engendrées par l'inoculation de produits tout différents, ceux de la phtisie vermineuse du mouton notamment. II ouvrait ainsi cette série