‹ La tuberculose et son bacilleChapitre 575 sur 689 · COMME UNE « INFECTION MIXTE · texte numérisé non relu

COMME UNE « INFECTION MIXTE

pourraient bien toutefois n'être que des variétés d'une seule espèce; il a trouvé aussi le staphylocoque doré, dans quelques cas le bacille pyocyanique. Cornet en conclut que la plupart des cas de phtisie pulmonaire ne relèvent pas du seul chef de la tuberculose, mais constituent des processus morbides complexes, des « infections mixtes », dans lesquelles une septicémie chronique vient se greffer sur la tuberculose r

D'après Ziegier, les foyers de broncho-pneumonie secondaires que l'on observe dans la tuberculose pulmonaire résultent surtout de l'aspiration des produits de ramollissement des foyers tuberculeux primitifs. Ces produits, outre le bacille de la tuberculose, renferment d'autres micro-organismes, surtout des coccus susceptibles de provoquer des inflammations fibrineuses et suppuratives^

Strûmpell appelle aussi l'attention sur les infections secondaires au cours de la phtisie ulcéreuse; pour lui, la plupart des poussées inflammatoires qui s'observent autour des foyers tuberculeux ramollis seraient le fait, non du bacille de la tuberculose, mais des microcoques phlogogènes contenus dans les cavernes; ces processus phlegmasiques communs seraient la principale cause de la fièvre des phtisiques. Striimpell fait aussi et avec raison jouer un certain rôle à la résorption des produits solubles putrides et septiques amassés dans les cavernes".

Maragliano se prononce dans le même sens; pour lui, l'ensemble des symptômes qui caractérisent la période ulcéreuse de la phtisie pulmonaire, la fièvre hectique, l'amaigrissement, les sueurs, dériveraient, non pas de l'action du bacille de la tuberculose et de ses toxines, mais de l'intervention des microbes étrangers, surtout des microbes de la suppuration que Ton rencontre dans les cavernes et dans l'expectoration; il s'agirait dans ces cas « d'une nouvelle maladie, une infection purulente, transformant la tuberculose en phtisie, en septicémie chronique*. »

1. Cornet, Ueber Mischinfection der Lungentuberkulose (Wiener med. Wochensclir., 1892, n»» 19 et 20).

2. ZiEGLER, Lehrbuch dcr pathol, Anatornie, 7" cdit. 1892, BJ. 2, p. 697.

3. Strûmpell, Ueber das Fieher bei der Lungentuborculose und seine prognostische Bedeutiing [Mûncliner med. Woc/ienschr., 1892, p. 890).

4. Maragliano, Klinischo Forinen dcr Lungentuberkulose {Berl. klin. Wochenschr., 1892, p. 268).

BRONCHO-PNEUMONIES TUBERCULEUSES

Mosny, dans son consciencieux travail sur la broncho-pneumonie, a étudié, au point de vue histologique et bactériologique, les foyers de broncho-pneumonie chez des enfants tuberculeux morts de rougeole. Dans ces cas, les foyers de broncho-pneumonie étaient éloignés des lésions tuberculeuses ; de plus, ils contenaient, non pas le bacille de Koch, mais le pneumocoque ou le streptocoque. Mosny en conclut que, dans ces broncho-pneumonies survenant chez des tuberculeux, il y a intervention de divers microbes pathogènes, mais non du bacille de Koch'. Aviragnet pense également que dans la tuberculose pulmonaire des enfants, à forme broncho-pneumonique, l'hépatisation initiale relève, non pas du bacille de la tuberculose, mais d'autres microbes (streptocoques, pneumocoques, staphylocoques) ; l'invasion tuberculeuse des foyers hépatisés ne s'effectuerait que consécutivement".

Tschistowitsch a eu occasion de pratiquer l'examen bactériologique du pus d'une caverne tuberculeuse, communiquant avec l'extérieur par une fistule cutanée. Ce pus renfermait, outre de nombreux bacilles de la tuberculose, une certaine qualité d'autres bactéries, notamment le staphylocoque doré. Ces espèces bactériennes étaient cependant beaucoup moins nombreuses que celles que l'on observe dans les crachats, nouvelle preuve que la plupart des microbes étrangers contenus dans les crachats des phtisiques proviennent, non pas des cavernes, mais des voies respiratoires supérieures et de la bouche. Tschistowitsch n'en conclut pas moins que les différences si grandes que l'on constate dans la marche et les symptômes de la phtisie tiennent en partie à la symbiose de microbes venant se mêler au bacille de la tuberculose, dans les foyers ulcérés du poumon \

Bâumler discute la genèse des complications broncho-pncu- Dioniques que l'on voit survenir si fréquemment dans le cours de la phtisie pulmonaire, surtout à la suite d'une hémoptysie; il pense qu'il s'agit dans ces cas de broncho-pneumonies résultant de l'aspiration du contenu des cavernes. Les bactéries que

1. Mosny, Etude sur la broncho-pneumonie (Thèse de Paris, 1891).

2. Aviragnet, De la tuberculose chez les enfants, [Thèse de Paris, 1892, p. 70).

3. Tschistowitsch, Tuberculose nach ausscn durchbvochene Caverne. Bacteriologische Untersuchung des aus dem Fistelgange ausfliescnden Eiters [Berl, klin. Wochenschr., 1892, p. 476 et ;il2).

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