‹ La tuberculose et son bacilleChapitre 578 sur 689 · NOUVEAU DUALISME DE LA PHTISIE · texte numérisé non relu

NOUVEAU DUALISME DE LA PHTISIE

lobaires ou lobulaires et pouvant, ainsi que Kruse et Pansini J'ont déjà montré, offrir tous les intermédiaires entre le streptocoque pyogène typique d'une part, le pneumocoque typique d'autre part. Les diverses variantes de ce micrococcus pneunioniae (streptocoque ou pneumocoque) se rencontraient, d'une façon presque constante, dans l'exsudat frais ou en voie de caséification ; ces microbes s'y trouvaient en nombre variable, tantôt très abondants, tantôt clairsemés. A côté d'eux on constatait la présence du bacille de Koch dans les foyers tuberculeux proprement dits et dans les foyers de broncho-pneumonie en voie de transformation caséeuse; souvent on le trouvait aussi dans l'exsudat des alvéoles fraîchement envahis, soit au voisinage immédiat des foyers tuberculeux ou caséeux, soit à une certaine distance de ceux-ci. Mais le bacille de la tuberculose ne se rencontrait d'une façon constante et en quantité notable que dans les foyers caséeux ; dans bon nombre de cas (la moitié environ) de broncho-pneumonie récente, aiguë, ce bacille faisait défaut.

De ces constatations Ortncr conclut que dans les bronchopneumonies de la tuberculose pulmonaire chronique, c'est le micrococcus pneumoniae. et non le bacille de la tuberculose qui est l'agent pathogène. Dans les cas oîi l'on trouve en même temps le bacille de la tuberculose, celui-ci n'aurait pénétré que plus tard dans les foyers primitivement créés par le pneumocoque. Dans ces foyers le bacille de la tuberculose suscitera des modifications ultérieures qui se traduiront histologiquement par la caséification. La pneumonie lobaire fibrineuse que l'on peut, exceptionnellement il est vrai, rencontrer dans la tuberculose pulmonaire, et les pneumonies pseudo-lobaires continentes caséeuses (pneumonies caséeuses proprement dites) reconnaîtraient la môme étiologie. Ces pneumonies caséeuses ne seraient autre chose que des broncho-pneumonies confluentes déterminées par le micrococcus pneumonia; et qui ne subiraient l'évolution caséeuse que par l'intervention consécutive du bacille de la tuberculose.

Ortner a également constaté la présence du micrococcus pneumoniae dans un certain nombre de cas de tuberculose miliaire aiguë ou subaiguë des poumons, et il pense que, dans ces formes aussi, il s'agirait d'une infection mixte due à Tinter-

SEPTICÉMIE ET TUBERCUF.OSE.

vention combinée du bacille de la tuberculose et du microbe pneumonique.

De l'ensemble de ces faits Ortner tire les conclusions suivantes : « Les broncho-pneumonies lobulaires et les bronchopneumonies confluentes (pseudo-lobaires) que l'on observe dans la phtisie granuleuse chronique sont de vraies pneumonies par leurs caractères histologiques. Ce sont aussi de vraies pneumonies au point de vue étiologique, car elles sont évoquées primitivement par le micrococcus pneumonise et ne sont moditiées que secondairement par le bacille de la tuberculose. Il importe donc de distinguer dans les poumons des phtisiques deux processus pathologiques : la formation de tubercules et le développement de lésions pneumoniques. Ils diftèrent au point de vue histologique aussi bien qu'au point de vue étiologique. Les lésions pneumoniques si fréquemment observées dans la phtisie pulmonaire sont engendrées par le microbe de la pneumonie, les tubercules par le bacille de la tuberculose. »

Lorsque, comme l'a pratiqué Kitasato sur les indications de Koch, on a soin de recueillir les crachats des phtisiques au moment de leur émission et de les laver à diverses reprises dans de l'eau stérilisée, de façon à les débarrasser de tout mélange de salive et de mucosités buccales, on constate que ces crachats ne contiennent parfois que le bacille de la tuberculose, à l'état de pureté. Cela prouve que, dans ces cas, le contenu des cavernes pulmonaires est pur de tout mélange bactérien et n'héberge que le bacille de Koch. Parfois les crachats ainsi lavés renferment, à côté du bacille de la tuberculose, d'autres microbes, surtout des streptocoques, ainsi que l'ont constaté Kitasato, Cornet et surtout récemment Petruschky. Cet observateur a examiné systématiquement, par le procédé de Koch- Kitasato, les crachats des phtisiques de l'Institut des maladies infectieuses, à Berlin, et il a constaté, par les colorations et par la culture, la présence fréquente de streptocoques, surtout chez les phtisiques fébricitants, assez souvent aussi chez les tuberculeux non fébricitants. A l'autopsie de la plupart des phtisiques, il trouva presque constamment des streptocoques dans le tissu pulmonaire; 8 fois sur 14 cas, des streptocoques furent trouvés dans le sang et dans le suc de tous les organes. Il s'agis-

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