‹ La tuberculose et son bacilleChapitre 585 sur 689 · Leyden [Deutsche med. Wochenschriff, 1893, p · texte numérisé non relu

Leyden [Deutsche med. Wochenschriff, 1893, p

2. Renaut, Tuberculose en général ot ses formes fibreuses pneumoniques on

DANS LA GENÈSE DE LA PNEUMONIE CASÉEUSE. 70i

culose pulmonaire aiguë vient de faire l'objet d'un travail remarquable de A. Fra-nkel et Troje, oii ces diverses particularités anatomiques sont reprises à nouveau et étudiées avec soin'.

Le bacille de la tuberculose, dans le poumon comme ailleurs, peut provoquer non seulement l'apparition du tubercule proprement dit, mais d'autres processus anatomiques, l'exsudat séro-fibrineux, librino-cellulaire ou purulent; la présence d'un réticulum fibrineux dans l'exsudat intra-alvéolaire n'implique pas nécessairement l'origine non tuberculeuse d'une phlegmasie pulmonaire.

Les arguments essentiels, ceux d'ordre bactériologique, ne forcent pas davantage la conviction. La présence de microbes étrangers, de streptocoques et du streptopneumocoque {micrococcus pneiunoniœ) est loin d'être aussi constante qu'on s'est plu à le dire, dans les cas de broncho-pneumonies et de pneumonies tuberculeuses. A. Fra^nkel et Troje, dans la plupart des examens bactériologiques qu'ils ont faits des foyers d'infiltration pneumonique aiguë chez les tuberculeux, n'ont pu mettre en évidence ni parla coloration, ni par les cultures, ni par l'inoculation, la présence de streptocoques ou de pneumocoques. J'ai fait également un certain nombre de recherches du même genre et je les poursuis encore actuellement; les résultats auxquels je suis conduit, dès à présent, se rapprochent beaucoup de ceux des observateurs allemandes : le plus souvent, dans les foyers de broncho-pneumonies circumtuberculeuses, ni la coloration des frottis de l'organe ou des coupes, ni l'ensemencement, ni l'inoculation à la souris ou au lapin ne m'ont permis de déceler la présence de pneumocoques ou de streptocoques ; dans les cas exceptionnels où la culture était féconde et donnait un développement de streptocoques, ceux-ci étaient généralement privés de virulence. Le bacille de la tuberculose pouvait être décelé dans le foyer hépatisé, tantôt en assez grande abondance, parfois très clairsemé, parfois il semblait faire totalement défaut. Pour expliquer cette dernière éventualité, A. Fraenkel et Troje admettent que le processus pneumonique

particulier [Lyon médical, 1879, t. 31 p. H4, 141, 185). — Riei., De la pneumonie tuberculeuse lobairc [Thèse de Lyon, 1888).

1. A. Fr.enkel et Troje, Ucber die pneumonische Form der acuten Lungentuberculosc [Zeifschr. f. klin. Medicin. 1894, Bd 24, p. 30 et 210).

LA PNEUMONIE CASÉEUSE EST BACILLAIRE.

peut être provoqué, à défaut du bacille lui-même, par les produits de sécrétion de ce bacille provenant des tubercules avoisinants. En somme, les microbes étrangers, pneumocoques, streptocoques ou staphylocoques, loin d'être les instigateurs et le point de départ de la lésion, semblent n'intervenir, quand ils interviennent, qu'à titre d'éléments surajoutés, venant compliquer ou modifier plus ou moins le processus, foncièrement tuberculeux dans le principe, dans son évolution et par l'ensemble de ses caractères.

L'expérimentation chez les animaux permet de bien mettre en évidence la filiation des faits, telle que je viens de l'exposer. Lorsqu'on injecte dans la veine d'un lapin ou d'un cobaye une culture de bacille de la tuberculose (des mammifères) on produit dans le poumon une éruption de granulations miliaires, comme dans la tuberculose miliaire aiguë du poumon chez riiommc. Mais si l'on injecte cette même culture dans la trachée, on provoque chez l'animal un type de broncho-pneumonie « par aspiration La lésion présente, à s'y méprendre, le même aspect que les pneumonies caséeuses chez l'homme, et l'on peut à volonté en suivre toutes les étapes. Des altérations strictement tuberculeuses (cellules géantes, cellules épithélioïdes) s'y montrent à côté d'exsudats intra-alvéolaires séro-fibrineux avec effusion leucocytaire et desquamation de l'épithélium alvéolaire. L'examen bactériologique révèle la présence, en grande abondance, du bacille de la tuberculose, à V exclusion de tout autre microbe. Les choses se montrent sous le même aspect, quand on provoque chez ces animaux des lésions pulmonaires caséo-tuberculeuses par injection directe de la culture dans le poumon, par piqûre à travers les parois thoraciques.

En résumé, sans vouloir diminuer l'importance ni l'intérêt des recherches récentes qui ont montré que des microbes pathogènes autres que le bacille de la tuberculose, les streptocoques et le pneumocoque notamment, peuvent intervenir dans le cours de la tuberculose pulmonaire ulcéreuse et sont susceptibles de provoquer des poussées phlegmasiques aiguës et des phénomènes d'infection mixte, je m'élève contre l'extension

1. Consultei- à ce sujet : B.vumgarten, Patholo°ische \Mylcologie, p. 379. — Straus et Gamaléia, Recherches expérimentales sur la tuberculose. [Arch. demed. expérin. et d'anat. pathoL, 1891, p. 4ST).

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