PLEURÉSIES FRANCHES, SÉREUSES
comme absolument exceptionnelle; il pense que (( l'élément étiologique vrai, la cause déterminante est la tuberculose, souvent méconnue, parce que, sous l'épanchement pleural, se cache une tuberculose localisée Les arguments invoqués par Landouzy sont surtout empruntés à l'histoire antérieure ou ultérieure du malade, déjà atteint de tuberculose au moment de la pleurésie, ou destiné à devenir tuberculeux plus ou moins longtemps après.
Kelsch et Vaillard, dans un travail important, ont étudié 16 cas de pleurésies, la plupart séro-fibrineuses, quelques-unes purulentes ou hémorrhagiques, survenues chez des sujets sains en apparence, et que l'on pouvait à bon droit considérer comme des pleurésies non tuberculeuses. Il s'agissait, la plupart du temps, de soldats vigoureux, morts subitement ou rapidement dans le cours de la convalescence de la maladie pleurale. L'examen anatomique décela la présence de lésions tuberculeuses de la plèvre, avec follicules tuberculeux typiques; les poumons étaient indemnes de tubercules, dans la majorité des cas, ou ne présentaient que des lésions tuberculeuses récentes et peu accusées. Kelsch et Vaillard insistent sur la difficulté qu'il y a parfois, par la simple inspection macroscopique, à reconnaître les tubercules dissimulés dans l'épaisseur des fausses membranes de la plèvre; ils montrent la nécessité qui s'impose, avant de déclarer, les pièces anatomiques en main, qu'une pleurésie est ou n'est pas tuberculeuse, de procéder à l'examen microscopique des feuillets pleuraux, surtout du feuillet pariétal, et des exsudais pseudo-membraneux qui les recouvrent. Ils en concluent que la pleurésie vulgaire, depuis la plus simple jusqu'à la plus grave, séreuse, hémorrhagique ou purulente « n'est en réalité que la manifestation d'une tuberculose locale de la plèvre. » Ils en excluent, naturellement, les pleurésies secondaires, le plus souvent purulentes, qui surviennent au cours des pyrexies,de la fièvre typhoïde, des fièvres éruptives, de la pneumonie, les pleurésies exsudatives qui se développent au cours du rhumatisme articulaire aigu, et les épanchements pleurétiques qui naissent sous l'influence d'une dyscrasie, du mal de Bright, par exemple ^
l. Landouzy, De la pleurésie dite a frigore, manifestation de tuberculose (i{ey«e de médecine, 188G, p. 611).
2. Kelsch et Vaillard, Recherches sur les lésions anatomo-pathologiques et la