CONSTATATION DU BACILLE DANS L'ÉPANGHEMENT
la pi'és<?nce de globules de pus en voie de transformation graisseuse ; dans un certain nombre de cas, le liquide a l'aspect plutôt laiteux que purulent et, à l'examen microscopique, on constate un petit nombre de globules de pus altérés, avec des gouttelettes graisseuses de dimension variable et des cristaux de cholestérine. On a alors affaire à l'empyème graisseux ou chyliforme. Ces empyèmes, surtout étudiés par N. Guéneau de Mussy, Quincke et par Debove, sont maintenant reconnus comme étant presque toujours des empyèmes tuberculeux
La nature tuberculeuse de l'épanchement peut être mise en évidence par la méthode des colorations et par l'inoculation. Ehrlich pratiqua la recherche du bacille dans 45 cas de pleurésies de toutes sortes, ordinaires ou purulentes. Dans 2 cas de pleurésie séro-fibrineuse, manifestement tuberculeuse, il put déceler le bacille de Koch; dans 9 cas d'empyème, 6 fois la recherche du bacille demeura infructueuse; l'événement montra, par la guérison détînitive des sujets, qu'il ne s'agissait pas en effet d'empyèmes tuberculeux. Sur les 3 autres cas, 2 fois le résultat fut positif. Ehrlich pense que les bacilles sont si difficiles à mettre en évidence dans les exsudats fibrineux, même sûrement tuberculeux, parce que la fibrine, en se coagulant et en se déposant sur les parois de la plèvre, entraîne les bacilles et en débarrasse le liquide. L'abondance plus grande des bacilles dans les épanchements purulents s'explique par l'ulcération des nodules tuberculeux de la plèvre et par la migration des globules de pus chargés de bacilles. Quoi qu'il en soit, il est bien plus facile de trouver des bacilles tuberculeux dans les épanchements purulents que dans le liquide des pleurésies séro-fibrineuses, même d'origine dûment tuberculeuse. A. Friinkel a examiné 4 cas d'empyème tuberculeux, dont 2 à
t. Toutefois il existe des épanchements ploiu'étiqucs proprement cliyleux et tenant, comme l'a indiqué Quincke, à une rupture du canal tlioracique et à l'eflfusion de chyle dans la cavité pleurale. De même, il existe une ascite cin/leiise qui résulte, non pas de la transformation graisseuse d'un exsudât purulent péritonéal, mais de la rupture des canaux chylifères et de la pénétration du chyle dans la cavité péritonéalc. J'ai publié un cas de ce genre, où la nature chyleuse de l'épanchement a été rigoureusement démontrée (Straus, Sur un cas d'ascite chyleuse; démonstration de la réalité de cette variété d'ascite [Arch. de physiol. norm. et pathoL, 1886, t. 1, p. 367;. — Du reste, entre autres particularités, les empyèmes et les épanchements ascitiqucs graisseux ne présentent jamais des particules graisseuses aussi finement et aussi régulièrement émulsionnécs qu'elles le sont dans les épanchements réellement chyleux.