INFECTIONS PAR LA PEAU
berculcuse, à la suite de l'inoculation dans le tissu cellulaire sous-cutané, d'après le procédé de Villemin'.
Ces expériences ont été reprises par Bollinger et par ses élèves. « La question de savoir, dit Bollinger, si le poison tuberculeux peut êti"e absorbé par des blessures superficielles de la peau a, outre l'intérêt théorique, un véritable intérêt pratique. Si oui, il en résulterait un grand danger pour quiconque manie des cadavres de phtisiques ou de bêtes atteintes de pommelière, pour le chirurgien qui pratique des opérations sur les phtisiques, pour les bouchers et les équarrisseurs. Enfin, on devrait craindre au plus haut degré la contamination par le vaccin, qu'il s'agisse de vaccine humanisée ou animale. Comme la solution de cette question n'a pas été soumise à la vérification expérimentale, j'ai engagé le docteur F. Schmidt à faire une série d'essais sur ce point, dont voici le résultat. Ses expériences furent instituées de la façon suivante : des cobayes sains sont divisés en lots de trois ; sur chaque lot, pour s'assurer de l'efficacité du virus, on inocule à un des trois animaux, choisi comme témoin, le produit tuberculeux sous la peau ou dans le péritoine. Les deux autres cobayes subirent à différents endroits du corps, à l'aide d'instruments mousses ou pointus, de légères érosions épidermiques. Sur ces érosions, qu'on ne fit pas plus profondes que celles qu'on a l'habitude de pratiquer dans la vaccination, on fit pénétrer par friction de la matière tuberculeuse, et l'on recouvrit avec du coUodion pour protéger l'endroit inoculé contre les frottements. On laissa vivre les animaux pendant quatre à cinq semaines. Dans six séries d'expériences, le résultat obtenu fut constant : les animaux ayant subi rinoculation superficielle de la peau furent trouvés absolument sains à l'autopsie, tandis que les témoins, qui avaient subi l'inoculation dans le tissu cellulaire sous-cutané ou dans le péritoine, étaient invariablement atteints de tuberculose ^ »
.J'ai fait un grand nombre d'expériences analogues, d'une part, pour étudier quelles étaient les chances de contamination tuberculeuse par la vaccine; d'autre part, dans le bvit de pro-
1. Chauveau, Lettre à Villemin sur la transmissibilito de la tuberculose [Gaz. hehd., 1872, p. 219).
2. 0. Bollinger, Zuv ^litiologie der Tuberkulose. Munich, 1883, p. o.