‹ La tuberculose et son bacilleChapitre 597 sur 689 · CARACTÈRES GÉNÉRAUX DES TUBERCULOSES CUTANÉES · texte numérisé non relu

CARACTÈRES GÉNÉRAUX DES TUBERCULOSES CUTANÉES

pauvreté des lésions tuberculeuses de la peau en bacilles peut facilement s'interpréter par les conditions peu favorables que la peau présente à leur développement, par la structure serrée du cborion, peut-être aussi et surtout pai- des conditions purement physiques, par la température relativement basse du tégument, par les grandes variations thermiques auxquelles il est soumis et qui, nous le savons, sont au nombre des facteurs qui apportent le plus d'entraves à la végétation et à la multiplication active du bacille de Koch*. Ce sont là des conditions qui prêtent aux tuberculoses cutanées ime physionomie spéciale, pendant longtemps méconnue, et qui ont fait l'objet de longues controverses. L'histoire des tuberculoses cutanées est devenue un des thèmes importants de la dermatologie; elle est devenue aussi l'un des chapitres les plus intéressants de la tuberculose en général, envisagée au point de vue de ses localisations et de ses portes d'entrée diverses : motifs qui légitiment, je pense, les détails dans lesquels je vais enti*er.

Les tuberculoses cutanées comprennent : le lupus vulgaire ; peut-être quelques-unes parmi ces affections encore mal connues décrites sous le nom de lupus érythémateux ; les gommes tuberculeuses de la peau; la tuberculose verruqueusedelapeau; le tubercule anatomique; l'ulcère tuberculeux proprement dit- .

Parmi les tuberculoses tégumentaires, le lupus est l'espèce la plus fréquente, la mieux étudiée, celle aussi dont la signification a été pendant longtemps le plus vivement discutée. J'ai exposé plus haut (p. oO) les principales de ces controverses, qui durèrent jusqu'au jour oii Friedlânder, en y décelant la présence de cellules géantes typiques, en démontra histologique-

1. C'est sans doute pour ces motifs aussi qu'il est sans exemple d'observer des localisations tuberculeuses sur la peau dans les formes aiguës de la maladie, dans la tuberculose miliaire aiguë notamment, où la diflusion du bacille s'effectue par la voie sanguine ; à cet égard la peau jouit d'une véritable immunité, comparable à celle du tissu musculaire.

2. Consulter à ce sujet, ainsi que pour les paragraphes suivants : Renouard, Du lupus et de ses rapports avec la scrofule et la tuberculose (Thèse de Paris, 1884, écrite sous l'inspiration de E. Besnier). — H. Leloir, Traité pratique, théorique et thérapeutique de la scro/uto-tuberculose de la peau. Paris, 1892 : monographie magistrale sur le lupus. — Thibierge, La tuberculose cutanée {Revue des sciences médicales, 1891, t. 37, p. 668-691) : bonne revue critique, avec de nombreuses indications bibliographiques. — Du Castel, Les tuberculoses cutanées. Paris, 1893 (Collection Charcot-Dcbovc).

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