‹ La tuberculose et son bacilleChapitre 60 sur 689 · CHAUFFARD : HYPOTHÈSE · texte numérisé non relu

CHAUFFARD : HYPOTHÈSE

Pour GhaulTard, la matière tuberculeuse inoculée par Villemin et « composée des matériaux solides et d'éléments liistologiques » n'est pas un liquide virulent vrai ; les vrais virus « examinés au microscope, soumis à l'analyse chimique, n'offrent ni éléments figurés, ni caractères propres ». En inoculant du tubercule, on introduit des éléments figvirés, des cellules dans le tissu cellulaire, au contact des vaisseaux lymphatiques divisés et béants.

Du reste, si Villemin a obtenu la reproduction interne de matière tuberculeuse en inoculant du tubercule gris et du tubercule caséeux, d'autres expérimentateurs sont venus qui, eux aussi, auraient provoqué le développement de la même matière tuberculeuse, en inoculant des produits entièrement étrangers d'origine à l'affection tuberculeuse. Et Chauffard invoque ici les expériences de Clark qui aurait provoqué chez le lapin l'éruption de granulations grises à la suite de l'inoculation de pus ordinaire; celles d'Empis, qui aurait obtenu les mêmes résultats en inoculant les produits morbides les plus divers, le pus de la péritonite puerpérale, celui des plaques de Peyer de la fièvre typhoïde, celui de la pneumonie franclie suppurée. Il signale aussi les expériences récentes de Lebert qui, revenant sur ses recherches premières, aurait détex'miné, dans les poumons des animaux, l'éruption de granulations et de nodules possédant les caractères liistologiques du tubercule, à la suite de l'inoculation ou de l'injection des produits pathologiques les plus variés, et même de substances minérales telles que le mercure et le charbon.

« Ces expériences, poursuit Chauffard, ne sont-elles pas démonstratives? Cette aptitude égale de tant de produits différents ne renverse-t-elle pas à elle seule la spécificité et la virulence de la granulation grise et de la matière caséeuse? Peut-on considérer ces produits comme spécifiques et virulents, alors que les maladies auxquelles ils sont dus ne sont ni spécifiques ni virulentes, alors que quelques-uns sont des agents minéraux ou inorganiques? S'ils ne sont pas spécifiques et virulents, ces produits peuvent-ils, par inoculation, engendrer une maladie spécifique et virulente? M. Villemin, pour effacer ou affaiblir la portée d'expériences contraires aux siennes, prétend qu elles reposent sur des confusions. Suivant lui, les expérimentateurs

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