DANS LE LUPUS
a parfois trouvé deux, dans quelques cas même quatre ou cinq bacilles dans une cellule géante. Presque tous les dermatologistes, Unna notamment et Leloir, n'ont jamais réussi à mettre en évidence la présence de bacilles de la tuberculose dans le produit de sécrétion des ulcérations lupeuses ou dans le pus qui se trouve sous les croûtes ; ce résultat négatif s'observe môme dans le cas où le lupus sécrète abondamment sous l'in-
FiG. 72. — Cellule géante dans un nodule de lupus ; elle contient un seul bacille (d'après Koch).
fluence de la tuberculine; cette remarque a été faite par Unna et je puis la confirmer.
L'inoculation aux animaux avait également établi la nature tuberculeuse du lupus. Hueter, au dire de L. Millier, en insérant dans la chambre antérieure de l'œil d'un lapin un fragment de lupu-s, a déterminé une tuberculose de l'iris. SchùUer, en injectant dans la trachée de lapins des « cultures » faites avec
LNOCULATIONS DE PRODUITS LUPIQUES.
des parcelles de lupus, dit avoir ainsi régulièrement provoqué la tuberculose chez ces animaux. Leloir (1879), Kiener (1881), E. Vidal (1881) échouèrent dans leurs tentatives d'inoculation au cobaye et ces résultats négatifs furent invoqués par ceux qui se refusaient à admettre la nature tuberculeuse du lupus. Pagenstecher et PfeifTer obtinrent des résultats positifs; dans trois cas de lupus de la conjonctive, ils inoculèrent des fragments excisés du néoplasme dans la chambre antérieure de l'œil de lapins et provoquèrent ainsi une tuberculose de l'iris, avec présencede bacilles'. Cornil et Leloir inoculèrent dans le péritoine de cobayes et dans la chambre antérieure de l'œil de lapins des fragments de lupus tuberculeux, érythémato-tuberculeux et érythémateux, et constatèrent que l'inoculation ne réussit que dans un certain nombre de cas (5 sur 14); ils en concluaient que « si le lupus est une tuberculose locale, c'est, en tout cas, une tuberculose atténuée ». Koch relate des expériences faites avec les produits de cinq cas de lupus, inoculés dans la chambre antérieure de l'œil de 18 lapins. 11 se développa lentement une tuberculose de l'iris, suivie de caséification et de fonte purulente de l'œil et finalement de tuberculose généralisée ; le résultat fut positif chez tous les lapins inoculés; les tubercules de l'iris ainsi que ceux des organes contenaient des bacilles. En outre 8 cobayes furent inoculés par Koch dans le tissu cellulaire souscutané avec des fragments de lupus et moururent au bout de sept à dix semaines atteints d'une tuberculose viscérale généralisée des plus accusées. Hip. Martin, Doutrelepont et d'autres expérimentateurs firent également connaître des faits de tuberculose provoquée par l'inoculation de produits lupeux. Leloir a montré que le nombre des résultats positifs devient plus grand lorsque, au lieu de pratiquer chez le cobaye l'inoculation dans le tissu cellulaire sous-cutané, on introduit le fragment de lupus, aussi volumineux que possible dans le péritoine; un hasard d'expérimentation lui a appris que les résultats étaient encore plus satisfaisants en insérant les fragments de lupus sous la peau et en les enveloppant dans un lambeau d'épiploon; depuis qu'il emploie ce procédé, il dit réussir d'une façon constante^
1. Pagenstecher et Pfeiffer, Lupus oder Tubei'kulosc [Berl. lilin. Wochenschr., 1883, p. 282).
2. Leloiu, Technique expérimentale des inoculations de tuberculose atténuée et en particulier du lupus [Congrès 'pour l'élude de la tuberculose, 1888, p. 412).