‹ La tuberculose et son bacilleChapitre 609 sur 689 · LUPUS ET PHTISIE · texte numérisé non relu

LUPUS ET PHTISIE

Je ferai remarquer à ce propos que le tissu cellulaire souscutané du cobaye n'est pas un terrain aussi défavorable que le trouve Leloir pour l'inoculation du lupus, comme en font foi du reste les expériences déjà mentionnées de Koch. J'ai moi-même inoculé sous la peau de la cuisse de trois cobayes des fragments, excisés par Quinquaud, sur trois malades atteints de lupus vulgaire ; ces fragments avaient été préalablement dissociés avec soin et délayés dans un peu de bouillon; les trois cobayes moururent au bout de six à onze semaines, présentant un abcès caséeux au point d'inoculation, de l'adénopathie caséeuse inguinale et une tuberculose généralisée à la rate et au foie; elle était extrêmement étendue chez le cobaye qui succomba le plus tardivement.

A ces preuves anatomo-pathologiques, bactériologiques et expérimentales, plus que suffisantes déjà pour établir la nature tuberculeuse du lupus, on peut en ajouter d'autres, d'ordre clinique, que E. Besnier notamment faisait valoir à une époque où les arguments histologiques ne suffisaient pas pour entraîner la conviction. « Les lupiques ne deviennent pas tuberculeux », telle était une des objections principales élevées par divers dermatologistes contre la nature tuberculeuse du lupus. « Le lupus, dit Vidal, peut persister pendant de longues années, pendant trente, pendant quarante ans et plus, avec les apparences de la meilleure santé et sans retentissement durable sur les ganglions voisins de la région envahie par le néoplasme, » Il est certain que le lupus, comme d'autres tuberculoses locales, peut rester limité pendant des années et pendant la vie entière à l'endroit où il a pris naissance, sans se généraliser et sans exercer aucune inlluence sur la santé qui reste excellente. Mais on doit aux recherches surtout de E. Besnier et de ses élèves d'avoir montré que la phtisie est fréquente chez les lupiques. Renouard, sur 87 lupiques observés dans le service de Besnier, a trouvé la proportion énorme de 33 tuberculeux, à diverses périodes de la maladie, dont 18 étaient à la période de phtisie confirmée; en ne tenant compte que de ces derniers, il arriva à un chiffre de 20 p. 100. Leloir, sur un total de 312 lupiques, en trouva 98 présentant des signes de tuberculose pulmonaire, soit 38 p. 100. Haslund (de Copenhague) a constaté une proportion de GO p. 100 de tuberculeux parmi les lupeux de sa cli-

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