‹ La tuberculose et son bacilleChapitre 611 sur 689 · LUPUS PAR INOCULATION · texte numérisé non relu

LUPUS PAR INOCULATION

la face et aux mains, est un argument en faveur de cette opinion. Nous verrons cependant que les tuberculoses cutanées provoquées sûrement par inoculation directe, les ulcères tuberculeux cutanés proprement dits, n'affectent pas d'ordinaire la forme de lupus et ne renferment pas le nodule lupeux, de couleur sucre d'orge, caractéristique ; on observe plutôt dans ces cas des ulcérations tuberculeuses ou tuberculo-gommeuses vraies ou des lésions papillomateuses, comme dans le tubercule anatomique ou dans la tuberculose verruqueuse de Rielil et Paltauf. On peut répondre à cette objection, formulée surtout par Baumgarten, que des cas de lupus tout à fait classiques ont été notés à la suite d'inoculation externe indéniable. 11 se peut que le lupus, chez les enfants dont l'épiderme est si délicat, résulte d'inoculations au niveau de solutions de continuité insignifiantes et passant inaperçues, inoculations s'effectuant par grattage, ou à la suite des lésions eczémateuses ou impétigineuses de la peau si fréquentes à cet âge. De plus en plus, cette origine externe, par inoculation directe du lupus, devient probable et tend à se substituera l'origine interne, hématique, admise par Baumgarten et d'autres observateurs.

Il existe dans la littérature un certain nombre d'observations établissant (Jue le lupus tuberculeux peut naître par inoculation à la peau. Vidal, il est vrai, dit avoir fait des tentatives nombreuses d'auto-inoculation qui toutes sont restées négatives*. Mais Sachs relate une observation de lupus développé chez une jeune fille à l'oreille, sur le trajet de la piqûre d'une boucle d'oreille. Bloch rapporte le fait d'un enfant qui, blessé au lobule de l'oreille par les ciseaux du coiffeur, gagna au niveau de la plaie un lupus typique. Jadassohn a observé un cas, dans le service de Neisser, qui établit l'inoeulabilité du lupus avec une netteté presque expérimentale. Il s'agit d'une fille publique qui fut tatouée sur le bras par son amant, phtisique à la dernière période et qui avait préparé l'encre destinée au tatouage avec sa salive. Au niveau de quelquesunes des piqûres de tatouage se développèrent des nodules lupiques tout à fait caractéristiques; des fragments excisés révélèrent la présence de nombreuses cellules géantes avec

1. E. Vidal, Annales de dermatologie et de sypJiiligraphie, 18S9, p. '376.

Page 1