LUPUS ÉRYTHÉMATEUX ET TUBERCULOSE
2" la production à la surface des parties malades de concrétions épithélialcs particulières, plâtreuses, fortement adhérentes à la peau, grâce aux prolongements interglandulaires qui partent de leur face profonde ; 3" la tendance à la production d'atrophies cicatricielles qui appartient à cette variété de lupus comme au lupus tuberculeux et qui fait partie essentielle de l'évolution normale de la maladie; 4° la marche extensive de la lésion » (Du Castel),
Le lupus érythémateux siège sur le nez, les joues, sur le cuir chevelu (qui est si rarement atteint par le lupus vulgaire) sur le cou, les mains ; souvent des plaques existent sur le nez et symétriquement sur les joues, formant par leur réunion une image qui rappelle un peu celle d'une chauve-souris aux ailes étendues [vespertilio) ; les plaques s'observent aussi sur les oreilles. La marche du lupus érythémateux est très variable ; ce qui la caractérise surtout, c'est une tendance très marquée à l'extension périphérique, centrifuge, propre aux affections de nature parasitaire. Le lupus érythémateux est souvent remarquablement mobile, se dissipant, puis récidivant à intervalles plus ou moins rapprochés. Après plusieurs mois, plusieurs années, la lésion peut s'éteindre spontanément, parfois sans laisser de traces, le plus souvent en laissant à sa suite une atrophie indélébile. A côté de ces formes mobiles, il existe des variétés qui persistent indéfiniment en lieu et place (lupus érythémateux fixe de Brocq). Enfin, un certain nombre de lupus érythémateux se transformeraient en lupus tuberculeux vrais, à nodules lupiques caractéristiques ; c'est le lupus érythémato-tubcrculeux; toutefois quelques dermatologistes pensent que cette transformation n'est qu'apparente et qu'il s'agit dans ce cas d'un lupus vulgaire qui a pris, à ses débuts, le masque du lupus érythémateux pour ne se dessiner que plus tard sous la forme classique du lupus tuberculeux (lupus érythématoïde de Leloir).
D'après la description qui précède, il faut bien reconnaître que de grandes différences séparent le lupus érythémateux proprement dit du lupus vulgaire : la lésion fondamentale du lupus érythémateux consiste en une infiltration diffuse du derme, surtout dans ses couches superficielles, par des cellules embryonnaires qui n'affectent pas la disposition nodulaire propre au vrai lupus ; on n'y a jamais rencontré de cellules géantes ni