‹ La tuberculose et son bacilleChapitre 617 sur 689 · TUBERCULE ANATOMIQUE · texte numérisé non relu

TUBERCULE ANATOMIQUE

ciileux, lupus), ou bien à titre de manifestations primitives, chez des sujets ne présentant aucune autre localisation tuberculeuse; leur nombre, leur volume et leur siège sont extrêmement variables; elles occupent la face, surtout le long du maxillaire inférieur, les membres et le tronc. Lorsqu'il y a guérison, la cicatrice, généralement vicieuse, est vasculaire, bleuâtre, livide. J'ai déjà mentionné les recherches de Brissaud et Josias, celles de Lannelongue, qui ont montré la nature tuberculeuse de ces gommes ou abcès froids, dont la paroi contient des follicules tuberculeux typiques. Le pus ne renferme que de rares bacilles, souvent très difficiles à mettre en évidence, mais l'inoculation de ce pus au cobaye donne généralement des résultats positifs*.

Le tubercule anatomique est une lésion de la peau connue de temps immémorial comme survenant chez les gens qui pratiquent les autopsies : les garçons d'amphithéâtre, les étudiants en médecine, les médecins. Ces productions verruqueuses siègent ordinairement sur la peau de la face dorsale des doigts et de la main, au niveau des articulations phalangiennes, dans les plis interdigitaux ou bien encore sur la peau de l'avant-bras, c'est-à-dire sur les parties les plus exposées au contact des produits cadavériques. Le début habituel du tubercule anatomique se fait par l'apparition d'une papule rouge dont le sommet est bientôt surmonté par une petite pustule qui s'ulcère et se recouvre d'une croûte jaunâtre. Quand cette croûte se dessèche et vient à tomber, on trouve au-dessous une cicatrice épidermique légèrement tomenteuse qui, petit à petit, s'épaissit et se transforme en un papillome verruqueux. Ce papillome s'accroît à la périphérie par l'adjonction de nouvelles saillies verruqueuses, au point de former des placards qui peuvent atteindre plusieurs centimètres de diamètre; les bords sont nets, saillants, arrondis ou serpigineux. Les fentes des excroissances cornées et papillomateuses laissent souvent sourdre à la pression un peu de pus séreux et mal lié. Les plaques peuvent guérir au centre par cicatrisation, tandis que le pourtour demeure végétant et papillomateux et envahit d'une façon serpigineuse. Au bout de plusieurs mois et parfois de plusieurs années, le tuber-

1. Consulter à ce sujet : E. Besnier, art. Gommes, Diclion. encycl. des sciences méd., 40 série, t. 9.

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