PIDOUX ; SPONTANÉITÉ MORBIDE
peut prendre ce pus il faut surtout noter, à l'état chronique, la forme granuleuse et tuberculeuse. »
Le discours de Pidoux, très apprêté et intéressant par son allure littéraire, tint deux séances de l'Académie. Pidoux commence par déclarer « qu'on peut dire sans exagération qu'il (Villemin) a été grisé par les résultats de ses inoculations. L'avenir dii'a si elles doivent révolutionner, comme il le croit déjà, la doctrine de la tuberculose. En attendant, je vais essayer de faire voir que, jusqu'à présent, les conséquences si nettes et si favorables qu'il tire de ses inaculations sont nettement et formellement déniées par la pathologie générale et par l'observation clinique. »
Pidoux, comme on le sait, était un des partisans les plus convaincus de la doctrine des diathèses et de la spontanéité morbide de l'organisme. Même pour les maladies les plus strictement spécifiques', telles que la variole et la morve, qui certainement sont virulentes, inoculables et contagieuses, il « n'est pas sûr qu'elles ne puissent naître que par inoculation et contagion ». Il est d'avis que la morve, dans certaines conditions bien connues, peut naître spontanément. Comment alors admettre avec Villemin, « fasciné par ses inoculations », que la tuberculose ne puisse naître que de la tuberculose? Comment accepter « que les maladies spécifiques ne puissent se développer, comme les espèces animales, que par leurs semences ou leurs germes? » Villemin est donc obligé de « couronner sa théorie en proclamant une panspermie nosologique et en faisant flotter dans les nuages les germes de la tuberculose et de toutes les maladies. Si M. Pasteur a besoin de nouvelles preuves pour étayer la doctrine de l'homogénie illimitée, cette théorie va lui en fournir d'innombrables et de bien inattendues. Je crois cependant que la pathologie est un champ oiî la doctrine plus philosophique et plus vraie, selon moi, des générations spontanées ou de l'hétérogénie pourrait recueillir bien des faits précieux. »
La tuberculose, pour Pidoux, se distingue précisément des
1. « Une maladie spécifique, selon la définition très juste de Pidoux, est une maladlequi/izi^ espèce, ou qui se comporte comme une espèce naturelle; qui, par conséquent, se reproduit et ne peut se reproduire que d'elle-même, et toujours la même, dans l'espace et dans le temps. » [Discours cité, p. 1247.)