NÉGATION DÉDAIGNEUSE
maladies proprement spécifiques en ce que celles-ci, tout en étant susceptibles de naître spontanément, ne naissent, dans les circonstances ordinaires, que d'elles-mêmes, c'est-à-dire d'un virus ou d'un contage déjà préalablement élaboré. Au contraire," le tubercule naît de tout. Les causes externes les plus diverses et les plus opposées le déterminent également; tout lui est occasion, tant il vient de nous, tant il est bien un des produits de l'altérabilité propre et spontanée de nos éléments organiques. Si beaucoup de causes non spécifiques déterminent sa génération spontanée, un plus grand nombre la préparent. Et ce sont les causes les moins occultes et les plus naturelles, des causes qui n'ont rien de séminal; dans un très grand nombre de cas, on peut les toucher du doigt et voir la phtisie redoutée, prévue par conséquent, naître et se développer sans aucune intervention spécifique et contagieuse. C'est vraiment par trop simple de dire que les maladies ont pour cause les maladies, c'est-à-dire leurs semences; que le tubercule a pour cause le tubercule ou son virus, comme le lapin et le chou ont pour cause la graine de chou et la semence de lapin. Il ne reste plus alors aux médecins qu'à tendre des filets aux sporules de la tuberculose, ou à en trouver le vaccin! »
Yillemin, avec une clairvoyance que l'avenir devait sanctionner d'une façon éclatante, se refusait à voir dans les cellules ou dans la sérosité de la matière tuberculeuse le principe virulent, le virus; celui-ci, plus subtil, s'y trouverait simplement logé et contenu. Pidoux n'a pas assez de dédain pour cette conception et il la réfute dans des termes qui n'ont rien d'académique. « Notre auteur, dit-il, a donc bien l'air de croire que les virus sont essentiellement distincts d'une matière organique commune — sérum, pus, déliquium caséeux, granulation — matière inerte par elle-même à laquelle ils seraient incorporés et qui ne leur servirait que d'enveloppe. A ce compte, le tubercule tout entier ne serait que la mèche du virus tuberculeux, si je puis ainsi dire, et le virus abstrait de M. Villemin pourrait être combiné à une matière quelconque. Cette conception est à la fois grossière et naïve. Elle vient tout droit du moyen âge. »
« Voilà, poursuit Pidoux, jusqu'où entraîne un système fait