‹ La tuberculose et son bacilleChapitre 622 sur 689 · LA TUBERCULOSE VERRUQUEUSE DIFFÈRE DU LUPUS · texte numérisé non relu

LA TUBERCULOSE VERRUQUEUSE DIFFÈRE DU LUPUS

dans les papilles et à la base de celles-ci, les régions profondes du derme et l'hypoderme participant très peu au processus. Les papilles sont hypertrophiées, recouvertes de couches cornées très puissantes, lamelleuses, irrégulières. Le corps papillaire, infiltré d'une façon diffuse, présente des follicules tuberculeux typiques, avec des nids de cellules épithélioïdes et des cellules géantes; beaucoup de ces follicules offrent un centre caséeux. A côté de ce processus de caséification, il y a des foyers de suppuration se développant immédiatement sous l'épiderme, au niveau surtout des prolongements interpapillaires; le pus soulève, puis détruit l'épiderme. Ni les nodules tuberculeux, ni les abcès en question ne sont en connexion avec les glandes de la peau ou les follicules pileux ; les glomérules des glandes sudoripares sont généralement indemnes. L'examen bactériologique révèle la présence de bacilles de la tuberculose dans les follicules; ils sont contenus dans les cellules géantes, dans les cellules épithélioïdes et aussi dans les cellules lymphatiques; ces bacilles, sans être très abondants, le sont beaucoup plus que dans les cas de lupus. Dans le pus des petits abcès on ne trouverait pas, d'après Riehl et Paltauf, de bacilles de la tuberculose, mais seulement des microcoques. Cette proposition est trop absolue; dans le cas observé par moi, le pus contenait des bacilles de la tuberculose, en petit nombre il est vrai, et sans mélange de microbes étrangers.

On voit que, dans cette forme de tuberculose cutanée, la topographie des nodules tuberculeux est différente de celle qu'elle présente habituellement dans le lupus; ils occupent les couches superficielles du derme, le corps papillaire, tandis que dans le lupus leur siège est la couche profonde du derme et l'hypoderme. Le lupus papillomateux présente des excroissances verruqueuses comme dans la maladie de Riehl et Paltauf, mais les verrucosités sont presque toujours consécutives à l'ulcération du lupus et résultent d'un trouble dans la cicatrisation épidermique ; tandis que dans la tuberculose verruqueuse, les papillomes sont primitifs, ils se développent en même temps sans doute que les tubercules dermiques et sans ulcération préalable. Le nombre des bacilles, plus grand que dans le lupus vulgaire, est encore un élément de différenciation.

La dénomination de tuberculose verruqueuse de la peau a

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