‹ La tuberculose et son bacilleChapitre 624 sur 689 · PROPREMENT DITES DE LA PEAU · texte numérisé non relu

PROPREMENT DITES DE LA PEAU

parfois presque continentes, d'autres fois tout à fait isolées, et qui sont de véritables granulations tuberculeuses. Il n'est pas rare de voir, dans le voisinage de l'ulcération, des saillies d'apparence pustuleuse qui s'ouvrent et donnent naissance à de petites ulcérations arrondies se fusionnant avec l'ulcération pi'incipale et contribuant à son agrandissement. A l'examen histologique , on constate, dans l'épaisseur du derme, la présence de follicules tuberculeux typiques, avec cellules géantes et cellules épithélioïdes; dans certains cas (Renaut) les follicules sont principalement embryonnaires, pourvus ou privés de cellules géantes, et passent rapidement à la caséification. Le liquide sécrété par l'ulcère contient des bacilles de la tuberculose, mais en petit nombre et non d'une façon constante. Dans le produit du raclage des bourgeons fongueux et dans les coupes des parois de l'ulcère, le bacille de la tuberculose est facile à mettre en évidence et il se rencontre en beaucoup plus grand nombre que dans les cas de lupus vulgaire ou de tuberculose verruqueuse de la peau.

L'ulcère tuberculeux peut se développer sur toutes les parties du tégument, mais il présente une prédilection marquée pour la peau des orifices naturels. La statistique suivante, empruntée à Vallas, exprime assez bien la fréquence relative du siège de ces ulcérations: région anale 13, lèvres 11, membre supérieur 5, face 2, vulve 2, verge 1, membre inférieur 1; toutefois Thibierge fait remarquer avec raison qu'il y aurait lieu peut-être de donner une place plus importante aux ulcérations tuberculeuses de la verge.

Ces ulcérations surviennent presque toujours chez des individus profondément tuberculeux, chez des phtisiques; il est douteux cependant qu'elles se produisent par infection interne, hématique, et il est infiniment probable que, presque toujours, elles résultent d'une auto-infection par voie externe. Les ulcérations de la lèvre sont, selon toute apparence, consécutives à des auto-inoculations par les crachats bacillifères ; aussi ces ulcérations sont-elles plus fréquentes à la lèvre inférieui*e qu'à la lèvre supérieure, la première étant plus directement exposée au contact des produits de l'expectoration; les ulcères de la peau de l'anus s'observent surtout chez les phtisiques atteints de tuberculose intestinale; les ulcérations de la vulve semblent

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