‹ La tuberculose et son bacilleChapitre 625 sur 689 · TUBERCULOSE CONSÉCUTIVE · texte numérisé non relu

TUBERCULOSE CONSÉCUTIVE

consécutives à des lésions tuberculeuses de l'utérus et de ses annexes ; celles du gland ont été surtout rencontrées chez des sujets atteints de tuberculose urinaire ou génitale et dont les urines pouvaient être les véhicules des bacilles. Enfin, les ulcérations tuberculeuses que l'on voit survenir sur d'autres parties des téguments (membres, face, tronc) chez des phtisiques peuvent également tenir à une auto-inoculation et résulter de l'infection d'une plaie insignifiante à la peau, d'un bouton gratté par les doigts du malade chargés de crachats bacillifères ou d'un mode analogue d'inoculation passée inaperçue.

Il faut savoir cependant que l'ulcère tuberculeux vrai de la peau, décrit par Ricord et par Trélat, n'est pas toujours secondaire, c'est-à-dire qu'il ne survient pas toujours dans le cours de la phtisie confirmée. Il en est qui sont manifestement primitifs et constituent de véritables portes d'entrée du virus tuberculeux, se comportant comme le chancre tuberculeux expérimental, dans l'inoculation sous-cutanée chez les animaux. Dans ces dernières années, on a publié un certain nombre d'observations qui mettent bien en lumière ce mode d'infection tuberculeuse par la peau. Les lésions initiales sont, le plus souvent, des ulcères tuberculeux vrais, comme ceux que nous venons de décrire; d'autres fois il s'agit plutôt, au point d'inoculation, d'une lésion analogue à la tuberculose verruqucuse.

Il est d'abord un groupe de tuberculose par inoculation externe bien distinct et oîi l'infection locale et ses effets consécutifs peuvent se suivre avec une netteté quasi expérimentale : ce sont les tuberculoses consécutives à la circoncision rituelle. On sait que chez les Israélites de la basse classe, l'opérateur qui pratique la circoncision des enfants a l'habitude d'exercer la succion de la plaie, pour arrêter l'hémorrhagie. Lindmann, le premier, publia deux cas survenus chez des enfants qui avaient subi la circoncision et chez lesquels la succion avait été pratiquée par un opérateur phtisique; la plaie du prépuce devint caséeuse ; chez l'un des enfants les ganglions de l'aine s'engorgèrent et donnèrent issue à du pus; l'enfant mourut à l'âge de trois ans, avec un mal de Pott et des signes de phtisie pulmonaire ; le second enfant eut un abcès froid au niveau de l'exti'émité inférieure du radius, mais guérit finale-

A LA CIRCOMCISION.

ment. Lehmann a observé, dans une petite ville de la Russie, dix faits analogues sur des enfants circoncis par un opérateur atteint de phtisie au troisième degré ; quelques-uns de ces enfants moururent de tuberculose généralisée, les autres de lésions scrofuleuses graves des ganglions lymphatiques et des os. Hofmokl fit également connaître quelques cas de tuberculose du prépuce, à la suite de la circoncision; les bacilles de la tuberculose furent décelés dans la plaie par Weichselbaum. Elsenberg relate un cas de même ordre; l'examen de l'ulcération du prépuce et des ganglions de l'aine révéla l'existence de follicules tuberculeux et de nombreux bacilles de la tuberculose. Meyer, Eve, ont fait connaître chacun un cas analogue.

Dubreuilh et Auché ont bien résumé la façon dont évolue habituellement cette forme particulière de tuberculose inoculée. « La plaie opératoire ne se cicatrise pas et continue à suppurer, ou ne se cicatrise qu'incomplètement; puis, au bout de huit à douze jours, de six semaines, il s'y forme des nodules qui s'ulcèrent. L'ulcère ainsi formé suppure modérément, il est plat, quelquefois induré, il s'accroît par fonte des bords ou par la formation, dans les bords, de nouveaux nodules qui s'ulcèrent à leur tour. En même temps ou quelques semaines après, les ganglions des aines augmentent de volume, puis se ramollissent et s'ouvrent en donnant issue à du pus grumeleux. Pendant que ces abcès froids se multiplient dans les aines par la suppuration successive d'une série de ganglions, il apparaît de nouveaux abcès froids à distance sur les membres, le tronc, la tète; les ganglions pelviens sont envahis à leur tour et l'enfant meurt dans le marasme au bout de quelques mois. D'autres fois la mort survient par tuberculisation pulmonaire ou plus souvent par méningite tuberculeuse. La mort est cependant loin d'être fatale, et tous les auteurs ont rapporté des cas de guérison, soit spontanément après de longues suppurations qui ont duré quelquefois plusieurs années, soit après des opérations consistant en raclages ou en cautérisations de tous les ulcères, et en l'extirpation des ganglions infectés » La marche rapide de la tuber-

l. Consulter à ce sujet : Lindmann, Ein Beitrag zur Contagiositàt dci- Tubei'kulose {Deutsche medic. Wochemchr., 1883, n" 30). — Lehmann, Ueber einen Modus von Impftuberkulose beim Mensclien, etc. [Ibid., 1886, n»s 9-13). — Hofmokl, Ein Fall von tuberkulôsen Geschwlir nach der Circumcision [Wiener med. Presse, 1886, p. 749). — Elsenberg, Inoculation der Tuberkulose bei eincm Kinde [Berl.

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