LES FAITS INVOQUÉS
susceptible, du reste, de guérir, et qui néanmoins serait de nature tuberculeuse * ; opinion dont on laissera certainement la responsabilité à l'auteur.
Les faits et les arguments que je viens de relater ne me paraissent pas de nature à établir, d'une façon à l'abri de la critique, l'origine par contagion directe, à la suite des rapports sexuels, de la tuberculose génitale primitive de l'homme et de la femme. Les faits de « confrontation » tels que ceux invoqués par Vorneuil, Verchère, Fernet, etc., n'ont pas toute la valeur qu'on pourrait être tenté de leur attribuer, si l'on ne réfléchissait à l'extraordinaire fréquence de la tuberculose : dans le grand nombre des combinaisons de toutes sortes qui peuvent se présenter quand il s'agit d'une maladie aussi répandue, il faut bien s'attendre à tomber sur quelques cas où une femme, atteinte de tuberculose génitale, a pu avoir des rapports avec un mari lui-même tuberculeux, sans que la conclusion s'impose que l'aflection a été transmise du mari à la femme, ou inversement, par le fait du coït. C'est cependant sur quelques faits de ce genre, susceptibles tous d'une autre interprétation, que repose la doctrine. Les objections, en revanche, sont très nombreuses : la première, et l'une des plus fortes, découle du siège même qu'affecte communément la tuberculose génitale primitive, chez l'homme aussi bien que chez la femme. Si chez la femme (car c'est d'elle qu'il s'agit le plus souvent dans les observations en question) la tuberculose génitale primitive était le. résultat d'une infection par le sperme bacillifère d'un tuberculeux ou par un écoulement blennorrhagique suspect, les lésions tuberculeuses devraient, comme le fait justement remarquer Cornil, se localiser tout d'abord sur le vagin et la portion vaginale du col ; or, l'on sait que les tubercules ne s'observent pour ainsi dire jamais à cet endroit. Pour expliquer cette rareté des tuberculoses génitales extérieures, relativement à la fréquence de la tuberculose génitale profonde, on invoque, il est vrai, la constitution anatomiqvie de la muqueuse vaginale, revêtue d'un épithélium pavimenteux épais, stratifié et peu propice à l'invasion des microbes. L'argument est loin d'être sans valeur, mais il reste toujours à expliquer pourquoi la lésion, au lieu de dé-
1. ScaucHARDT, Die UcT)erlrn(;ung der Tuberkulosp aiif dem Wegc des gcscblcchtchcii Yerkehrs (La7ige7ibec/c's Àrchiv f. Chirurgie, 1892, Bd 44, p. 448).