‹ La tuberculose et son bacilleChapitre 645 sur 689 · RÉSISTANCE PLUS GRANDE DU LAPIN · texte numérisé non relu

RÉSISTANCE PLUS GRANDE DU LAPIN

tous tuberculeux ; ils présentaient des lésions d'autant moins accusées et moins généralisées que le nombre des bacilles inoculés avait été plus faible. Ainsi, un cobaye inoculé sous la peau avec environ 80 bacilles mourut au bout de 98 jours, avec une tuberculose généralisée très prononcée; un autre qui avait reçu environ 8 bacilles dans le péritoine fut tué au bout de 104 jours, avec des lésions tuberculeuses beaucoup moins étendues. L'influence de la réduction de la dose des bacilles était encore plus nette chez les lapins. Aucun des six lapins sacrifiés au bout de 92 à 145 jours n'offrit de lésion tuberculeuse, locale ou généralisée; un seul d'entre eux, inoculé dans la veine avec 20 à 30 bacilles, présenta^dans les poumons quelques petits nodules libreux, probablement de nature tuberculeuse. Ces expériences montrent que les lapins peuvent résister à des doses de virus suffisantes pour infecter le cobaye et Wyssokowicz en conclut, comme l'avait fait Nocard, que si l'inoculation de produits scrofuleux peut déterminer la tuberculose cbez les cobayes sans infecter le lapin, cette différence est le résultat, non pas d'une atténuation des bacilles contenus dans les lésions scrofuleuses, mais simplement du petit nombre des bacilles qu'elles renferment d'ordinaire : c'est nne alfaire de quantité et non de qualité de virus'.

Je me suis assuré pour ma part aussi (voir p. 377) que le lapin peut supporter, sans aucun effet appréciable, l'inoculation sous-cutanée, intra-péritonéale et même intra-vcineuse de doses assez fortes de culture tuberculeuse, alors que des doses beaucoup plus petites de la même culture, injectées sous la peau de cobayes, les font régulièrement succomber à la tuberculose.

D'après les enseignements puisés dans les nombreuses inoculations que j'ai faites chez le cobaye, j'ai pu acquérir cette notion que, si le nombre des bacilles inoculés a une influence directe et incontestable sur la rapidité de la maladie, il en exerce parfois aussi une autre, souvent inverse, sur l'étendue et la diffusion des lésions. Lorsqu'on inocule sous la peau ou dans le péritoine d'un cobaye des produits tuberculeux pauvres en bacilles, du pus d'adénite scrofuleuse, par exemple, ou

1. Wyssokowicz, Ueber den Einfliiss der Quant itat der verimpften Tuberkelbncillen auf den Vcrlauf dor Tuberkulose bei Kaninchen und Mcorschweinchen Internation, med. Congvess, Berlin, 1890, Bd 2, Abth. 3, p. 171).

Page 1