SON ACTION SLU L'HOMME SAIN ET TUHERCULEUX
dence l'action spéciliquc, antituberculeuse du remède ». Quelques heures après que l'injection a été pratiquée sous la peau du dos, c'est-à-dire en un point éloigné de la région malade, on voit les endroits atteints de lupus rougir et se gonfler, ordinairement même avant le frisson. F\endant l'accès fébrile, la rougeur et le gonflement augmentent, deviennent parfois excessifs, an point que le tissu lupique prend par places une coloration rouge brun et un aspect nécrotique. Le gonflement des régions diminue en général quand la fièvre s'apaise et peut se dissiper au bout de quelques jours. Les foyers lupiques se recouvrent alors de croûtes formées par le sérum exsudé et desséché ; ces croûtes tombent au bout de deux à trois semaines, laissant une cicatrice rouge, lisse. Ordinairement, plusieurs injections sont nécessaires pour amener l'élimination complète du tissu lupique. Un point à noter, c'est que les altérations décrites sont exclusivement limitées aux régions atteintes de lupus ; les plus petites nodosités presque invisibles et cachées dans le tissu cicatriciel prennent part à ce processus et deviennent apparentes par suite du gonflement et du changement de couleur, tandis que le tissu cica triciel proprement dit, où le processus lupique n'existe plus, ne subit aucun changement.
La réaction locale provoquée sur les ganglions tuberculeux, les ostéites, les arthrites tuberculeuses, sans être aussi frappante que celle du lupus, est encore bien nette.
La réaction locale des organes internes, des poumons tuberculeux notamment, se traduit par une recrudescence de la toux et de l'expectoration ; il est probable qu'il se passe là un processus analogue à celui que l'on peut constater à ciel ouvert dans le cas de lupus.
Cette substance, injectée à la dose de 0'"',0 J , constitue donc un moyen de diagnostic très pénétrant dans le cas de phtisie commençante, alors que ni l'examen des crachats ni l'exploration physique ne fournissent encore aucune donnée certaine, dans les adénites suspectes, dans les cas douteux de tuberculose osseuse ou cutanée. Elle servira aussi à montrer si une tuberculose ancienne est éteinte ou si des foyers actifs persistent encore.
Plus grande encore, dans la pensée de Koch, est la valeur thérapeutique de cette substance si active. Après l'injection sous-cutanée du remède, quand la rougeur et le gonflement de