COLIN INTERVIENT ENCORE
ensuite si, dans ces conditions, une immunité à un degré quelconque leur serait acquise contre l'inoculation. »
Colin intervint une seconde fois et rapporta de nouvelles expériences établissant l'exactitude du fait de l'inoculabilité de la tuberculose. L'inoculation sous-cutanée ou l'injection intraveineuse de particules inertes, de charbon porphyrisé, de mercure, de fragments de cancer du cheval, de graisse, produisent des effets tout différents de ceux provoqués par l'inoculation de matières tuberculeuses : dans les cas d'insertion dans le tissu cellulaire sous-cutané, on n'observe pas de généralisation ; quand on introduit ces substances dans la circulation générale, ce sont les effets de l'embolie que l'on obtient.
Néanmoins, Colin estime que Villemin a envisagé la tuberculose sous un faux jour, d'après les elfets de ses inoculations sur le lapin. « Il en a exagéré la spécificité ; il en a affirmé la transmission par l'inoculation, avant de l'avoir bien établie et suffisamment analysée, la contagion par l'atmosphère du malade, sans l'avoir étayée de bonnes preuves. Il en a fait une maladie propre à un petit nombre d'espèces. Il a mis presque à néant l'influence de l'hérédité, de la prédisposition et dos causes généralement reconnues comme aptes à faire naître la tuberculisation ; il a nié la diathèse ; en un mot, il a façonné cette affection d'après un type nouveau que les praticiens les plus habiles ne connaissent pas. Ses exagérations me paraissent inacceptables. Je me résume et je conclus :
(( 1° Il est certain que les résultats matériels constatés à la suite de l'inoculation du tubercule sont exacts.
« 2" Il est extrêmement probable que les dépôts pulmonaires, hépatiques, intestinaux et autres viennent d'une double source : du tubercule déposé sous la peau et du travail pyogénique accompli autour de la plaie, de sorte que, dans beaucoup de cas d'inoculation, il y a une résorption purulente ajoutée à une résorption tuberculeuse.
« 3° L'étendue, la gravité des accidents consécutifs à l'inoculation sont proportionnées à la quantité de tubercule insérée et à l'intensité de la réaction qui se manifeste à l'endroit de la solution de continuité. Les expériences sur les petits animaux tendent à en exagérer l'importance.