PROVOQUÉE PAR LA TUBERCULINE
tendances au collapsus, des phénomènes d'angine de poitrine, des syncopes mortelles, preuves que la tnberculine agit énergiquement sur le cœur ou sur son appareil d'innervation.
Il arrive que des individus sains présentent une fièvre intense à la suite de l'injection de2 à 3 milligrammes de tuberculine. Pour un certain nombre d'entre eux, il se peut qu'il s'agisse d'individus sains en apparence seulement et qui portent des lésions latentes de tuberculose. C'est ainsi que les injections de tuberculine ont été conseillées et utilisées par Schreiber chez les enfants issus de tuberculeux, comme un moyen pouvant servir à reconnaître la tuberculose héréditaire latente ; ce médecin s'assura en outre que les nouveau-nés (ses expériences ont porté sur 40 sujets) sont remarquablement peu sensibles à l'action de la tuberculine ; ils supportent sans réaction des doses de 1,5 et même de 5 centigrammes, doses plus que suffisantes pour provoquer de la fièvre chez l'adulte sain. Ce fait est intéressant à enregistrer; c'est un argument de plus contribuant à montrer que la tuberculose congénitale est tout à fait exceptionnelle et que les tout jeunes enfants contractent la maladie après la naissance'.
On constate aussi fréquemment à la suite des injections de la toux, de la dyspnée, une augmentation dans la quantité des matières expectorées tenant surtout à une hypersécrétion de mucosités, des hémoptisies et, à l'auscultation, l'extension rapide des signes d'infiltration, témoignant de la congestion intense qui se produit autour des foyers tuberculeux. Des troubles digestifs s'observent assez souvent : ils se traduisent par de la perte d'appétit, des vomissements, de la diarrhée, quelquefois de l'ictère; quelques cliniciens ont noté l'augmentation du volume de la rate et du foie pendant l'accès fébrile. Le système nerveux est souvent atteint; on constate de l'abattement, des sensations de tiraillement dans les membres et dans les muscles, de la céphalalgie, des vertiges, parfois du délire. Dans un cas de Leichtenstern, à la suite d'une injection de 1 centigramme de tuberculine, le malade tomba dans le coma qui dura pendant trois jours, avec une température qui s'éleva jusqu'à 41°, 4; ces symptômes finirent par se dissiper. En ce qui concerne l'appa-
1. Schreiber, Ueber das Koch'sche B.c'ûvevla.hvcn. {Deulsche med. Wochenschr., 1891, p. 306).